Van Ostaeyen : "Abrini n’est pas l’homme au chapeau"

Pieter Van Ostaeyen, arabiste et islamologue spécialisé dans le jihad international était l’invité de l’émission "De Afspraak" (VRT) lundi soir, il ne croit pas que Mohamed Abrini (photo) soit le troisième terroriste filmé à l’aéroport de Zaventem, celui qu’on a surnommé l’homme au chapeau. Selon ce spécialiste les enquêteurs belges se font manipuler.

Selon le parquet fédéral, Mohamed Abrini, arrêté vendredi à Anderlecht, est l'homme au chapeau, soit le troisième membre du commando ayant attaqué l'aéroport de Bruxelles le 22 mars.

L'intéressé a précisé aux enquêteurs avoir "jeté sa veste dans une poubelle et revendu son chapeau ensuite.

Mais Pieter Van Ostaeyen (petite photo) n’y croit pas, pour lui cette histoire ne tient pas, elle n’a aucune cohérence.

L’expert se demande aussi si les enquêteurs ont pu utiliser les techniques de reconnaissance faciale. "Je me demande en premier lieu dans quelle mesure les images prises de l’homme au chapeau ont pu être utilisables en matière de reconnaissance faciale. Je ne suis pas bien sûr un expert en la matière mais je me pose tout de même de nombreuses questions sur la qualité des images" a ajouté Pieter Van Ostaeyen.

Le réseau n’est pas encore démantelé

Les attentats de Paris et de Bruxelles et celui au Musée Juif ont été perpétrés par la cellule terroriste dirigée par Abdelhamid Abaaoud et Khalid Zerkani. "Mais j'ai l’impression qu'on est face à une plus grande cellule qu'on ne pensait jusqu’à présent et il ne semble pas y avoir de lien avec le groupe Sharia4Belgium," estime Van Ostaeyen.

L’expert est persuadé que les déclarations de Mohamed Abrani ont été faites pour détourner l’attention des enquêteurs. "Il y a potentiellement encore au moins 60 à 70 membres du réseau de Zerkani qui sont actifs. Tout le monde a été très euphorique après l’arrestation de Salah Abdeslam, on croyait que s’en était fini, qu’on avait démantelé tout le réseau or, je suis persuadé que ce n’est toujours pas le cas".

Selon Van Ostayen, aussi bien Salah Abdeslam que Mohamed Abrini tentent de manipuler les enquêteurs belges. "Il est tout de même frappant qu’aussi bien Abdeslam qu’Abrini aient décidé à la dernière minute de ne pas se faire exploser".