Importantes perturbations du trafic aérien suite à la grève chez Belgocontrol

Quelque 50 vols ont dû être annulés à l'aéroport de Zaventem mercredi en raison d'une grève sauvage menée par certains contrôleurs aériens de Belgocontrol. D'ordinaire, l'aéroport compte 400 vols par jour.

La capacité de Belgocontrol a été relevée à 40 vols par heure, contre 15 précédemment, a indiqué le porte-parole Dominique Dehaene. Mais le contrôleur de l'espace aérien belge n'est toujours pas totalement opérationnel.

Un certain nombre de contrôleurs ont débrayé depuis mardi en fin d'après-midi, entraînant la suppression de plusieurs dizaines de vols à Brussels Airport.

Les syndicats du personnel de Belgocontrol se réuniront avec la ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR), et le ministre de l'Emploi, Kris Peeters (CD&V), à 11h30, au cabinet de Mme Galant.

Pour le moment, aucun vol n'a été dévié vers un autre aéroport. Au total, une centaine de vols avaient été annulés mardi et sept avaient été déviés vers l'étranger, notamment vers Düsseldorf et Lille.
"Ce n'est pas vraiment la situation que nous souhaitons", a commenté la porte-parole de l’aéroport Nathalie Van Impe.

Les aéroports de Liège et de Charleroi n'étaient pas concernés par l'arrêt de travail chez Belgocontrol mercredi vers 8h30. "Nous avons subi une petite interruption pendant la nuit. Sept vols TNT ont dû être décalés, mais sont finalement partis. La situation est normale pour l'instant", a indiqué Christian Delcourt, responsable communication pour Liège Airport.

Mardi vers 17 h, les aiguilleurs du ciel ont entamé une action de protestation, insatisfaits d'un accord intervenu en commission paritaire, occasionnant beaucoup de perturbations pour les vols depuis et en direction des aéroports de Bruxelles et Charleroi.

Les aiguilleurs du ciel qui gèrent tout le trafic aérien ne veulent pas d'un allongement de leur carrière. Pour l'instant, ils peuvent être mis en disponibilité dès 55 ans en touchant 85 % de leur salaire. Or une nouvelle proposition prévoyait un rallongement de la carrière à 58 ans. Mais ce n'est pas le seul problème que dénoncent les aiguilleurs du ciel qui sont aussi mécontents de leurs horaires de travail.

Brussels Airport étudie les mesures à prendre

Le président de l'aéroport de Bruxelles, Marc Descheemaeker, a exprimé mercredi sa colère à propos de l'action entreprise par les contrôleurs aériens. "Cela crie vengeance", a-t-il déclaré sur les ondes de la VRT. Une réunion téléphonique du conseil d'administration est prévue avant le week-end. "Nous nous concerterons à propos de certaines mesures", a-t-il dit, sans autre précision.

"Brussels Airport est le deuxième plus gros moteur économique du pays. Quelques personnes jugent nécessaire de jouer avec son avenir et l'avenir de dizaines de milliers de travailleurs", a souligné M. Descheemaeker en rappelant les graves conséquences déjà subies par l'aéroport depuis le 22 mars.

A Charleroi, le sentiment de colère dominait également. "On n'en peut plus", a lancé le directeur de BSCA, Jean-François Cloquet, sur les ondes de La Première, en dénonçant une grève menée sans préavis.

Le dirigeant de l'aéroport de Gosselies a lui aussi insisté sur les efforts importants fournis par son personnel pour faire face à la fermeture de Zaventem après les attentats. Il appelle les autorités publiques et aéroportuaires à se réunir pour décider de mesures.

"Dès aujourd'hui, on doit se mettre autour de la table et trouver des solutions pour l'avenir. De toute façon le réseau de contrôle peut être géré depuis l'étranger en cas de nécessité, en cas d'urgence. Hier, on était vraiment en cas d'urgence. On recrée une deuxième crise. Il faut trouver des solutions alternatives", a-t-il déclaré.

Kris Peeters appelle chaque travailleur en "bonne forme physique" à reprendre le travail

Le ministre fédéral de l'Emploi et de l'Economie, Kris Peeters, "exhorte chaque membre du personnel de Belgocontrol en bonne forme physique" de se rendre disponible pour reprendre les activités au sein du contrôleur de l'espace aérien belge. Dans un communiqué diffusé mercredi, il déplore l'action travailleurs qui ont débrayé mardi en fin d'après-midi, entraînant l'annulation de plusieurs dizaines de vols à Brussels Airport.

"L'aéroport de Bruxelles est une plaque-tournante internationale et cruciale pour notre économie. Zaventem emploie 20.000 personnes directement et plusieurs dizaines de milliers indirectement. Les attaques (du 22 mars à Bruxelles, ndlr) ont causé de grands dommages économiques et humains", explique le ministre.

"Beaucoup d'efforts ont été investi afin de rétablir les activités et regagner la confiance de compagnies aériennes étrangères. Les actions actuelles compliquent sérieusement ce nouveau départ".
Il demande le respect du dialogue social et dit soutenir la ministre de la Mobilité Jacqueline Galant pour rétablir la paix sociale.

Aurore Belot