La ministre Jacqueline Galant démissionne

La ministre des Transports et de la Mobilité a présenté sa démission au Premier ministre Charles Michel qui l'a acceptée. Jacqueline Galant (MR) se trouvait au coeur d'une controverse portant sur la sécurisation des aéroports du pays.

C'est finalement un rapport de la Commission européenne, révélé par les partis Ecolo et Groen cette semaine, qui a fait tomber la ministre. Selon ce document de 2015 qu'elle nie avoir reçu, la DGTA-Sûreté se trouvait dans l'incapacité d'effectuer le nombre requis d'inspections dans les aéroports par manque de ressources.

Mme Galant aurait également obtenu en décembre 2014 une demande formelle du président du SPF Mobilité Laurent Ledoux en vue de renforcer la sécurité dans les aéroports. En rupture avec la ministre, celui-ci a présenté sa démission jeudi.

Le Premier ministre Charles Michel avait indiqué à la Chambre, sur base des informations communiquées par le cabinet de Mme Galant que celui-ci et le gouvernement n'avaient pas été informés du contenu de ces audits. Or, au parlement, l'opposition faisait état jeudi soir de notes attestant du contraire.

"Je ne peux accepter que cet élément n'ait pas pu être porté à la connaissance de la Chambre"

"Je me suis exprimé hier à la Chambre sur base des informations données par Jacqueline Galant et son cabinet", a indiqué le Premier ministre dans une déclaration à la presse vendredi midi.

"A l'issue de la séance plénière, il m'a été confirmé que contrairement à ce qui avait été porté à ma connaissance, un résumé de ce rapport avait été discuté et envoyé au cabinet de la ministre en juin 2015. Je ne peux pas accepter que cet élément précis n'ait pas pu être porté à la connaissance de la Chambre hier et cela, même si la ministre m'a indiqué qu'elle n'a pas personnellement reçu ce document."

Charles Michel a rappelé que son gouvernement s'est "depuis le début impliqué pour assurer et renforcer la sécurité des citoyens". "Le gouvernement demande à la DG Transport aérien de faire une analyse précise de la manière dont le rapport a été traité depuis qu'il a été communiqué par la Commission", a précisé le Premier ministre. Le rapport de la Commission européenne pointait des manquements dans la sécurisation de l'espace réservé aux passagers à l'aéroport de Zaventem.

Le Premier ministre a salué "l'énergie et l'engagement" dont a fait preuve Mme Galant et les réformes "courageuses et importantes pour l'avenir" qu'elle a initiées. Il a indiqué que la ministre serait remplacée "dans les meilleurs délais, et cela afin d'assurer la continuité du service".

Controverses en série

Ce n'est pas la première controverse à laquelle la ministre libérale était confrontée depuis le début de son mandat.

Début novembre 2015 avait éclaté l'affaire Clifford Chance, un cabinet d'avocats à qui Jacqueline Galant avait confié un contrat de consultance sans avoir respecté les règles concernant les marchés publics. Vivement critiquée par l'opposition, elle avait alors été soutenue par le Premier ministre, pour qui Mme Galant avait été "imprudente", mais avait "agi de bonne foi".

Le clivage avec le président du SPF Mobilité, Laurent Ledoux, se marquait déjà. Alors que la ministre affirmait avoir suivi les conseils de son administration, celui-ci répliquait que Mme Galant était à la mannoeuvre "de A à Z".

La gestion du dossier du réseau express régional (RER) bruxellois par la ministre avait également fait débat. Ces lignes de chemin de fer pourraient ne jamais être opérationnelles, avait indiqué Jacqueline Galant dans la presse fin janvier, avant de changer d'avis une semaine plus tard, assurant le cabinet Michel que le développement du RER serait bien assuré.

En octobre 2014, Jacqueline Galant s'était en outre trompée sur le montant des économies à réaliser par la SNCB, une erreur qui avait soulevé de nombreuses critiques.