Des Belges auraient pour 4 milliards d’euros sur des comptes suisses

Une enquête menée en Allemagne, plus précisément par le service fiscal du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (dirigé par une coalition de socialistes et d’écologistes), a mis au jour l’existence de plusieurs dizaines de milliards d’euros placés sur des comptes bancaires suisses par des citoyens européens. Plus de 4 milliards d’euros ont été placés par des Belges, selon cette enquête que relayait vendredi l’eurodéputé Vert Bart Staes.
AP2003

Le service fiscal du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a envoyé des courriers aux Etats membres de l'Union européenne pour les prévenir de ces sommes d'argent placées en Suisse, pays qui pratique le secret bancaire. Pour la Belgique, on parle de plus de quatre milliards d'euros.

"J'appelle le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, à étudier ces informations de manière adéquate et à communiquer à ce sujet de manière transparente avec le parlement fédéral", a commenté l’eurodéputé Bart Staes (photo). Le gouvernement de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et en particulier son ministre des Finances, Norbert Walter-Borjans, a en effet offert aux autorités belges l'occasion d'examiner ces données, tout en réclamant une réciprocité.

"Après le PanamaLeaks et le LuxLeaks, c'est un nouveau chapitre du SwissLeaks, des informations qui montrent qu'avec de la volonté politique et un échange d'informations entre autorités, on peut s'attaquer à la fraude fiscale, ce qui donne plus de revenus aux autorités et rééquilibre le focus européen dogmatique de l'épargne", a ajouté Bart Staes.

Les données recueillies par le Land allemand contiennent des informations sur des particuliers et des entreprises disposant de comptes en Suisse pour un montant total de plus de 101 milliards de francs suisses (environ 93 milliards d'euros). Les comptes appartenant à des Belges représentaient au 1er juillet 2006 quelque 4,78 milliards de FS (4,38 milliards d'euros) et au 30 novembre 2008 environ 3,24 milliards de FS (soit 2,97 milliards d'euros).

Le ministre Van Overtveldt (photo) a indiqué avoir ordonné à l'Inspection spéciale des Impôts (ISI) d'enquêter sur ces dossiers. Selon son cabinet, il s'agit d'une liste anonyme, avec des codes par pays. L'enquête s'annonce compliquée et prendra du temps, a-t-on souligné de même source.