La Guilde des contrôleurs aériens met Belgocontrol en demeure

La Guilde dément avoir incité des contrôleurs aériens à des actions cette semaine et met l’entreprise chargée du contrôle du trafic aérien Belgocontrol et son CEO, Johan Decuyper, en demeure. Le syndicat espère ainsi éviter de devoir payer des indemnités pour les absences au travail de certains contrôleurs.

Dans une lettre envoyée à la direction de Belgocontrol par Me Peter Luypaers, avocat de Maryse Meulemans, présidente de la Guilde des contrôleurs aériens (BGATC), le syndicat dément une nouvelle fois samedi avoir incité à des actions. "Mme Meulemans a pris connaissance avec surprise et indignation" de la lettre de mise en demeure de reprendre le travail envoyée par Belgocontrol la semaine dernière, écrit son avocat. Elle dément avoir incité à des actions et dénonce l'action qualifiée "à tort" de "collective" par Belgocontrol.

La présidente de la BGATC a donc décidé de mettre à son tour Belgocontrol en demeure pour plusieurs raisons, parmi lesquelles "le manque inacceptable de fiabilité du matériel et des logiciels, dont Eurocat, avec lequel doivent travailler les contrôleurs aériens", dénonce la lettre. "Après plusieurs problèmes, la Guilde avait envoyé ces dernières années des dizaines de mails et lettres aux différentes instances, en vain."

"Une méconnaissance flagrante dans le chef de Belgocontrol et son CEO de la responsabilité aggravée et de la compétence décisionnelle de chaque contrôleur aérien d'évaluer en permanence sa capacité à assurer le service et décider s'il possède 100% de sa concentration" est aussi avancée. Vient ensuite le manque structurel de personnel déjà dénoncé à plusieurs reprises par la Guilde. Mme Meulemans rappelle qu'un plan de besoin en personnel était déjà promis pour janvier 2014. "Une promesse non tenue." Et un plan présenté en mars dernier reste insuffisant.

Mercredi, Belgocontrol avait mis en demeure par une lettre la Guilde des contrôleurs aériens, souhaitant que ses membres reprennent le travail. L'organisation est accusée par la direction de Belgocontrol d'avoir demandé à ses membres de se porter malade. Mardi, Belgocontrol est parvenu à un accord en commission paritaire dans le conflit social qui était en cours depuis la mi-février, mais cet accord n'a pas satisfait la Guilde des contrôleurs aériens (80 des 280 contrôleurs aériens du pays) qui aurait dès lors demandé à ses membres de se porter malades.

Quelque 50 vols au moins avaient dû être annulés à l'aéroport de Zaventem mercredi en raison de la grève sauvage menée par certains contrôleurs aériens de Belgocontrol. D'ordinaire, l'aéroport compte 400 vols par jour.