Trois millions de Belges ont un dossier patient électronique

Ce dossier permet l’échange de données médicales. Quatre fois plus de patients belges que l’an dernier en ont déjà accepté un. Leur utilisation par les fournisseurs de soins de santé a été multipliée par 14, indiquent ce lundi les Mutualités chrétiennes à l’occasion de la Journée européenne des droits du patient.
CHASSENET / BSIP

En Belgique, chaque patient a droit à son dossier; c’est l’une des garanties reconnues des droits du patient. "Le dossier électronique est l'une des deux conditions principales pour pouvoir échanger des informations", précise Martine Van de Walle, secrétaire nationale des Mutualités chrétiennes (MC). "Le patient doit, en outre, donner son assentiment à l'échange de données".

Cela porte avant tout sur des clichés médicaux, des résultats d'analyse en laboratoire, un résumé du dossier électronique, du courrier, des schémas de médications, des vaccinations, des enquêtes publiques notamment à propos du dépistage du cancer du col de l'utérus ou des infos de l'Office de la naissance et de l’enfance (ONE).

Quelque 3,1 millions de Belges ont déjà donné leur autorisation, soit quatre fois plus que l'an dernier. "Rien que le mois dernier, les prestataires de soins ont ainsi consulté plus de 140.000 fois des données par voie électronique." Soit quatorze fois plus qu'il y a un an. Trois quarts des généralistes et toutes les institutions de soins sont désormais connectés à la plateforme électronique sécurisée eHealth.

"L’e-Santé est sur le point de percer définitivement", ajoute Martine Van de Walle. "Du point de vue des patients, c'est une avancée majeure. Les prestataires de soins obtiennent beaucoup plus vite les informations, ce qui leur permet de mettre en place rapidement un traitement de qualité. On évite de la sorte aussi les doublons d'examens, de la surcharge administrative et des coûts inutiles."

Patients encouragés à adhérer

Les MC lancent un appel à tous les Belges afin qu'ils adhèrent au partage du dossier électronique. "Cela peut se faire facilement online, à la maison, via le prestataire de soins ou la mutuelle." Il est également conseillé aux patients de demander à leurs prestataires de soins d'avoir accès à leurs données, de rédiger un résumé sous forme électronique (Sumehr) et de le partager.

Les prestataires de soins sont encouragés à s'investir pleinement dans ces dossiers patients électroniques. Les MC leur demandent d'insister auprès de leurs patients sur l'importance du dossier et d'en faire autant que possible des résumés. "Car il est important de mettre à jour les résumés", indique-t-on encore. "Les prestataires de soins doivent également s'assurer que les généralistes disposent des informations nécessaires afin que les résumés soient à jour."

Enfin, il est demandé plus de collaboration aux pouvoirs publics. "Les différents systèmes doivent être compatibles. Et il faut une structure claire". Les Mutualités chrétiennes proposent aussi de créer un cadre légal qui permettrait aux patients d'avoir accès facilement à leur dossier électronique.

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