La Flandre débloque 300 millions de plus pour le climat

Le gouvernement flamand a décidé de débloquer 300 millions d'euros supplémentaires en faveur de la politique du climat de la Flandre pour la période 2016-2019. L'information a été confirmée mardi matin par la ministre flamande de l'Environnement Joke Schauvliege au cours de l'émission radio "De Ochtend" (VRT), dans le cadre du tout premier sommet flamand pour le climat qui se tient ce mardi.

A la suite du sommet de Paris sur le climat qui s’est tenu en novembre dernier, le gouvernement flamand avait décidé d’organiser ses propres sommets, au nombre de trois. Le premier se tient aujourd’hui et a principalement une fonction de prospection.

Le gouvernement flamand tente ainsi d’avoir une vue d’ensemble sur ce que certains secteurs envisagent de faire dans ce domaine. Des organisations, des entreprises, des autorités locales et des experts sont invités à expliquer ce qu’ils effectuent déjà, et sont appelés à réfléchir collectivement à des mesures supplémentaires.

"La Flandre doit faire plus"

La somme de 300 millions d’euros s'ajoute au milliard que le gouvernement Bourgeois a décidé d'affecter à la lutte contre le réchauffement climatique. Elle est destinée notamment à l'amélioration des performances environnementales du parc automobile et à l'isolation des habitations. Le gouvernement flamand veut concentrer les moyens dégagés aux domaines de la mobilité, des immeubles, de l'agriculture et des déchets.

"Notre but est de répondre au sommet de Paris qui examine les efforts fournis après 2020. Nous savons que la Flandre doit prendre des mesures supplémentaires pour atteindre ses objectifs. Nous avons pour ce faire besoin de tout le monde, de tous les domaines de pouvoir et de tous les acteurs. Et nous, en tant qu’autorité flamande, devons donner le bon exemple", a souligné Joke Schauvliege (CD&V) sur les ondes de Radio1.

En ce qui concerne la mobilité, la fiscalité automobile doit être exploitée comme levier de 'verdurisation'. Mais pour Joke Schauvliege, l'administration flamande doit également limiter les émissions de CO2 de son parc automobile; idem pour la société flamande de transport public De Lijn.

La ministre pense aussi recourir à des incitants environnementaux dans les procédures d'attribution de marchés publics. L'argent dégagé en supplément sera également destiné à l'isolation accélérée du patrimoine ancien. Mais il faut veiller aussi à rendre les édifices publics, les écoles et les habitations sociales les plus neutre possibles sur le plan de l'impact environnemental, a encore indiqué la ministre.

Ce premier sommet flamand pour le climat donne le départ à un long parcours qui doit aboutir en novembre prochain à un pacte flamand du climat.

"La politique flamande sur le climat n’est pas catastrophique"

D’ici 2030, l’Europe devra parvenir à diminuer de 40% son taux d’émission de CO2 par rapport à 1990. Le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) a d’ores et déjà annoncé un taux d’émission de 0% d’ici 2050. D’aucuns se montrent toutefois sceptiques. Aux yeux des experts, la politique flamande sur le climat est en effet une véritable catastrophe.

Un avis que ne partage pas la ministre de l’Environnement. "Quand on examine la période du protocole de Kyoto, nous avons réalisé une baisse de 8% des émissions, alors que l’objectif était de 5%. Nous sommes actuellement dans le même schéma. Mais il est vrai que les ambitions que nous nous sommes imposées pour 2050 demandent des mesures supplémentaires. En Flandre, nous devrons davantage miser sur la mobilité, le bâtiment et l’agriculture", souligne Joke Schauvliege.

"Nous devons établir des normes et stimuler les gens à faire des choix écologiques. Ce n’est pas une période facile, et c’est d’ailleurs pourquoi nous avons décidé de débloquer ces 300 millions supplémentaires, pour voir comment nous pouvons soutenir notre politique climatique", conclut-elle.