Bien peu de mobilité des enseignants entre communautés

Si l’on en croit un reportage exclusif publié ce jeudi par le quotidien La Libre Belgique, pas un seul enseignant francophone ne serait allé donner cours en Flandre, comme le permet pourtant depuis mars 2015 un accord de coopération entre Communautés. Et seul un enseignant néerlandophone a profité jusqu’à présent de ce même accord pour se rendre en Communauté française.

Le quotidien La Libre Belgique rappelle que les ministres de l’Education des communautés flamande, française et germanophone du pays s’étaient mis d’accord fin mars 2015 pour permettre aux enseignants de donner cours au moins un an dans une école dépendant d’une des deux autres communautés. Histoire de "décloisonner" les différents systèmes d’enseignement, avait souligné à l’époque la ministre Joëlle Milquet (CDH), qui démissionnait la semaine dernière de son poste.

L’idée était également judicieuse pour faire face à la pénurie d’enseignants en langues modernes à laquelle sont confrontées tant la Communauté française que la Communauté flamande. Les professeurs intéressés pouvaient donc bénéficier d’un "congé pour mission" d’un an, renouvelable, pour tenter l’aventure. Ceci leur permettait de conserver leurs statut, ancienneté et salaire dans leur Communauté d’origine.

Il semble cependant que cette initiative n’ait pas encore tenté les enseignants des trois communautés. La nouvelle ministre francophone de l’Education, Marie-Martine Schyns (CDH), annonçait en effet mercredi en commission de l’Education du parlement de la Communauté française - en réponse à une question du député Jean-Luc Crucke (MR) - que seul un enseignant néerlandophone a profité jusqu’à présent de cet accord. Du côté francophone, aucun candidat ne s’est encore présenté.

Tant Crucke que Schyns ne veulent pas tirer de conclusions trop hâtives. La nouvelle ministre a précisé que les enseignants n'avaient eu que peu de temps depuis la présentation du système, en avril, pour penser à une réorientation. Elle envisage d'analyser la mobilité des enseignants après la rentrée, pour éventuellement revoir le processus.