La VRT épingle à nouveau des logiciels truqués chez Opel

Une première enquête de la VRT fin 2015 avait révélé que le constructeur automobile allemand avait secrètement modifié un logiciel de son modèle diesel Zafira Tourers 1.6 afin d’éviter un scandale similaire à celui de Volkswagen. Opel avait alors rétorqué que les voitures testées par la télévision publique flamande étaient défectueuses. Une nouvelle investigation du journaliste Luc Pauwels révèle toutefois que certains concessionnaires belges ont bel et bien effectué des changements de logiciel à l’insu des propriétaires des Zafira.

A l’origine, la Zafira Tourer 1.6 diesel datant de 2014 a selon toute vraisemblance été équipée d’un logiciel permettant de gonfler la puissance de la voiture. Seul hic : le programme installé augmente aussi fortement le taux d’émission d’oxydes d’azote, qui se retrouve dès lors largement au-dessus de la norme autorisée par l’Union européenne.

Suite au scandale des moteurs truqués de Volkswagen, il semble qu’Opel ait voulu discrètement éviter de faire à son tour l’objet d’une polémique. La méthode du constructeur automobile allemand consiste à procéder, via ses concessionnaires, à un changement du logiciel suspect, sans toutefois informer le propriétaire du véhicule sur la nature de cette mise à jour.

Après les premières révélations de la VRT à ce sujet fin 2015, Opel avait réfuté tous soupçons de fraude, affirmant que le câblage du capteur des températures d’émissions d’une des voitures testées par Luc Pauwels était endommagé par une martre. Dans le cas du deuxième véhicule contrôlé, il y aurait eu, selon le constructeur, neuf erreurs de logiciels dans le système de gestion du moteur.

Prise de précaution

Face à la réaction d’Opel, le reporter de la VRT décide de mener de nouveaux contrôles. Il choisit cette fois deux voitures exactement similaires.

La première Zafira est belge. Elle a été mise en circulation en novembre 2014 et son prochain entretien est prévu dans 3.500 km. La deuxième Zafira est néerlandaise. Elle a été mise en circulation en juillet 2014 et son entretien est prévu après 4.000 km. Seule différence entre les deux véhicules : le modèle belge a été prise en charge par un concessionnaire en octobre, soit un mois après le scandale Volkswagen. La néerlandaise y a, elle, été admise environ six mois avant.

Afin d’éviter toute nouvelle excuse de la part d’Opel, Luc Pauwels fait minutieusement vérifier le câblage des deux voitures et l’état du système de gestion par des experts. Aucun des véhicules n’enregistre de soucis à ces niveaux.

AP2013

Des tests à nouveau probants

Pourtant, le résultat est sans appel. Le contrôle du taux d’émission va révéler une importante différence entre les deux Zafira.

Le modèle néerlandais, qui n’est donc pas passé par un concessionnaire, continue d’émettre un taux d’oxydes d’azote particulièrement élevé : 652 milligrammes par kilomètre, soit huit fois plus que ne le permet la norme européenne. La voiture belge, qui a subi un passage au garage Opel, officiellement pour une vidange, n’émet quant à elle plus que 203 milligrammes par kilomètre. Un taux bien plus proche de la norme européenne de 80 milligrammes par kilomètre.

"Le changement d’huile n’a aucune influence sur l’émission d’oxydes d’azote. Il ne joue donc aucun rôle ici. Un facteur mécanique ou électrique ne peut pas non plus mener à un tel changement", souligne l’un des experts présent lors des tests. Seule la modification du logiciel peut donc engendrer une telle différence. Face à un tel constat, Opel sera sans doute appelé à fournir des explications.