"Le fossé entre musulmans et non-musulmans grandit"

Depuis les attentats du 22 mars à l’aéroport de Zaventem et la station de métro Maelbeek, le fossé s’est agrandi entre musulmans et non-musulmans, estime le nouveau président de l’Exécutif des musulmans de Belgique, Salah Echallaoui, dans une interview accordée au quotidien La Libre Belgique.

"La majorité de la population fait la part des choses, mais c'est vrai qu'il y a des regards stigmatisants et des personnes qui changent de wagon quand elles voient monter à bord un Maghrébin", précise Salah Echallaoui dans l’interview accordée au quotidien francophone et publié ce samedi.

Celui qui a été nommé le 18 mars dernier président de l’Exécutif des musulmans de Belgique constate un certain retour au religieux, qu'il ne faut pas automatiquement voir comme de la radicalisation, souligne-t-il. "Il faut l’encadrer pour éviter tout dérapage".

Et Echallaoui de préciser : Le retour au religieux "est souvent une réaction de jeunes qui ne se sentent pas considérés comme des citoyens à part entière. Du coup, ils se replient sur eux-mêmes. Mais ce retour au religieux ne doit pas être un repli identitaire. Il faut que la religiosité ne soit pas un frein à l’engagement citoyen. Voilà le défi. Nous devons faire de l’attache à l’islam une valeur ajoutée pour la société".

Le président de l'EMB estime également qu'il y a parfois eu du laxisme face aux discours religieux radicaux en Belgique. Il refuse cependant de parler d'un échec du multiculturalisme. Celui-ci "se construit et (...) passe par des périodes fructueuses comme par des périodes difficiles", selon lui.