Accord avec le Maroc sur l’échange de données

La Belgique et le Maroc ont signé vendredi soir à Bruxelles un "memorandum d’entente" sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme. Il comprend notamment l’échange de données qui permettra d’identifier plus facilement des personnes en séjour illégal. Attendue à la fin janvier lors d'un déplacement à Rabat du Premier ministre Charles Michel, du ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, et du Secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken, cette signature a finalement pu se faire à Bruxelles à l'occasion d'une visite du ministre marocain de l'Intérieur, Mohamed Assad, à ses homologues belges.

Les autorités belges attendaient depuis longtemps de pouvoir franchir un pas supplémentaire dans ce processus de longue négociation. Les données marocaines les intéressent particulièrement dans la lutte contre l'immigration illégale.

Tout citoyen du royaume chérifien doit faire enregistrer ses empreintes digitales à partir de 18 ans. Or un certain nombre de personnes sans papier en Belgique invoquent la nationalité marocaine pour éviter une expulsion ou, à l'inverse, se font passer pour Syriennes ou Irakiennes afin d'accéder à un statut de protection alors qu'elles sont Marocaines. Il est question d'un délai de 45 jours dans lequel le Maroc doit grâce à la comparaison des empreintes confirmer l'identité d'une personne.

Alors que la négociation d'un accord de réadmission dans un cadre européen patine, la Belgique dispose ainsi d'un moyen facilitant le retour de ressortissants marocains vers leur pays.

La coopération avec le Maroc et ses services de police connaît un regain d'intérêt dans plusieurs pays européens confrontés au départ de jeunes combattants aux origines marocaines vers le Moyen Orient. Les attentats de Paris ont encore accru cet intérêt. Le 23 novembre 2015, quelques jours après les attentats de Paris dans lequel sont impliqués des ressortissants belges, un entretien téléphonique avait d'ailleurs eu lieu entre le roi Philippe et le roi du Maroc Mohamed VI.

"Des avancées énormes"

Les deux pays se sont engagés à "renforcer les mécanismes de coopération opérationnelle entre les services de sécurité". Les autorités belges mettent en avant le "leadership du Royaume et son rôle de partenaire clé dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé". "Grâce à cette convention qui a exigé, à juste titre, de longues négociations, nous avons accompli des avancées énormes dans notre collaboration avec le Maroc, un de nos partenaires les plus importants dans la lutte contre le terrorisme", s'est félicité Jan Jambon (photo) rejoint par son collègue de la Justice, Koen Geens.

De son côté, réaffirmant leur solidarité avec la Belgique à la suite des attentats, les autorités marocaines ont mis en avant "la pleine disposition des services de sécurité marocains à renforcer davantage la concertation et l'échange de renseignements avec leurs homologues belges".

Cette signature a lieu au lendemain de la ratification à la Chambre d'une convention avec le Maroc portant sur l'entraide judiciaire et policière.