Doel 3 a redémarré mais l'inquiétude grandit dans les pays voisins

La centrale nucléaire de Doel 3 a redémarré dimanche matin, a indiqué le fournisseur d'énergie Engie Electrabel. Le réacteur Doel 3 s'était arrêté automatiquement jeudi après-midi à la suite d'un problème de logiciel lors d'un test de turbine, dans la partie non-nucléaire du site. Le redémarrage était initialement prévu pour samedi en fin d'après-midi. Par ailleurs, l’inquiétude grandit dans les pays voisins, après l’Allemagne c’est le Grand-Duché de Luxembourg qui a demandé l’arrêt des réacteurs belges "fissurés".

"Doel 3 a été redémarré aux environs de 05h00 ce matin. Il sera à 100% de sa capacité dans le courant de la journée", a indiqué la porte-parole Geetha Keyaert.

Il ne s'agissait pas d'un problème technique, mais du télescopage entre un test automatique quotidien et un test manuel effectué une fois tous les quatre mois, avait expliqué la porte-parole de la centrale de Doel.

L'exploitant a entrepris les démarches correctives.

Le Luxembourg se joint à la demande allemande

Le gouvernement luxembourgeois a décidé vendredi de se joindre à la demande allemande de fermer à nouveau les réacteurs nucléaires de Doel 3 et Tihange 2, tant que des questions subsisteront sur la sécurité de ces réacteurs "fissurés", rapporte dimanche le journal Luxemburger Wort. Le Luxembourg avait déjà exprimé son inquiétude par rapport aux centrales. En janvier, la secrétaire d'Etat luxembourgeoise du Développement durable Camille Gira et le ministre de l'Intérieur belge Jan Jambon (N-VA) avaient abordé les mesures de sécurité en vigueur dans les centrales nucléaires. Le Luxembourg avait alors fait savoir que notre pays avait échoué à rassurer son voisin sur la sécurité de celles-ci.

Plus tôt dans la semaine, la ministre allemande de l'Environnement Barbara Hendricks a demandé à la Belgique de fermer temporairement les réacteurs de Doel 3 et Tihange 2 tant que des questions subsistaient sur la sécurité.

"Il serait bon d'arrêter provisoirement les réacteurs, du moins le temps que d'autres tests soient menés", avait-elle déclaré.

Le Luxembourg a décidé vendredi de se joindre à cette demande.

Les deux réacteurs belges en question ont été fermés deux ans à cause d'inquiétudes sur la sûreté, du fait de fissures, mais ont repris du service en décembre dernier. L'AFCN a expliqué mercredi que les réacteurs répondaient aux normes de sécurité les plus strictes, et qu'il n'y avait donc aucune raison de s'inquiéter.

Au lendemain de la catastrophe de Fukushima, l'Allemagne a décidé de fermer ses 17 centrales nucléaires pour 2022.