Des Belges trouvent un nouveau traitement du psoriasis

Une équipe de chercheurs de l’Institut flamand de biotechnologie (VIB) et de l’Université de Gand (UGent) ouvre de nouvelles pistes de traitement pour une forme particulière de psoriasis, cette maladie inflammatoire de la peau d’origine inconnue et non contagieuse. Les résultats des recherches de l’équipe belge sont publiées dans le journal scientifique EMBO Reports.

Cette maladie inflammatoire de la peau, caractérisée par des plaques rouges, touche près d'un Belge sur trente. Il n'existe actuellement pas de remède et les traitements permettent juste d'en contrôler les symptômes. Le psoriasis peut être d'origine génétique, mais peut aussi être déclenché par des facteurs environnementaux.

L'étude belge se base sur le fait que les personnes présentant des mutations dans le gène CARD14 ont une forte probabilité de développer une certaine forme de psoriasis, et montre par quel mécanisme ces mutations provoquent une inflammation chronique chez les patients atteints.

Il y a une interaction physique et fonctionnelle entre le gène CARD14 et une protéine appelée MALT1. Lors de cette interaction, la protéine MALT1 fragmente et désactive un certain nombre de protéines cellulaires qui maintiennent normalement le système immunitaire sous contrôle. Des mutations associées au psoriasis au sein du gène CARD14 entraînent la formation de complexes CARD14 / MALT1 hyperactifs, ce qui conduit à des réponses immunitaires anormalement élevées et l'inflammation dont souffrent les personnes atteintes de psoriasis.

"Nous avons constaté que traiter les cellules de la peau avec des substances qui inhibent l'activité de MALT1 réduisait la production de protéines favorisant l'inflammation. Nous espérons trouver un partenaire industriel pour amener ces résultats prometteurs un pas plus loin dans la recherche d'un remède pour le psoriasis", conclut le professeur Rudi Beyaert (VIB/UGent). Un usage éventuel de ces inhibiteurs de MALT1 pour traiter d'autres formes plus courantes de psoriasis est aussi actuellement à l'étude.

RUTH JENKINSON/SCIENCE PHOTO LIBRARY