La surveillance des frères Abdeslam arrêtée par manque d’effectifs

Le dossier de surveillance des frères Abdeslam a été classé sans suite en avril 2015 en raison du manque d'effectifs, ressort-il du second rapport intermédiaire du Comité P relatif à l'enquête sur les attentats de Paris.

Selon ce rapport, dont le journal Le Soir publie des extraits, plusieurs manquements ont permis à Salah et Brahim Abdeslam d'échapper à la surveillance dont ils auraient dû faire l'objet.

Auditionnés par la police début 2015 car soupçonnés de vouloir se rendre en Syrie, les deux frères sont repartis libres sans être inculpés. Leur dossier, considéré comme urgent, est finalement classé sans suite le 21 avril 2015.

Les différents services de police se sont déclarés incapables de fournir les effectifs nécessaires pour assurer le suivi des deux suspects.

La brigade antiterroriste s'insurge contre un rapport "exclusivement à charge".

Le député SP.A et bourgmestre de Vilvorde Hans Bonte y voit la preuve qu’il faut d’urgence prendre des mesures. "Ce rapport est l’illustration du fait de manque de personnel pour assurer le suivi de cette affaire. On ne peut pas ignorer plus longtemps ce manque de personnel mais aussi le manque de suivi, de régularité et de professionnalisme. Nous devons mettre de l’ordre dans la capitale si nous voulons agir en matière de sécurité dans notre pays".

Pour Peter De Roover (N-VA) il est trop tôt pour réagir à un rapport sans avoir eu les réponses de la police. "Il faut veiller à ne pas laisser entendre que les services de police ne font pas correctement leur travail, éviter de pointer trop facilement du doigt et faire attention à ne pas couper l'élan des policiers", a indiqué le chef de groupe N-VA à la Chambre.