Les policiers surchargés ont le feu vert syndical pour faire grève

Les agents des polices locales bruxelloises se plaignent d’être trop sollicités. Tout comme leurs collègues des autres zones de police, ils renforcent actuellement les forces de l’ordre fédérales. Parallèlement, ils sont appelés à remplacer les gardiens de prison actuellement en grève. Les syndicats policiers appellent désormais les agents à refuser certaines tâches et à se mettre en arrêt de travail.

Les gardiens de prison sont en grève depuis lundi dans la majorité des établissements pénitentiaires du pays. D’après la secrétaire permanente CSC Services publics Laurence Clamar, l'action se poursuivra jusqu'à la prochaine concertation.

Tant la CSC Services publics, que la CGSP AMiO et le SLFP ont quitté la table des négociations jeudi alors qu'une réunion de concertation sociale se tenait au SPF Justice à Bruxelles en présence du ministre Koen Geens.

"Pour un service minimum dans les prisons"

Face à cette situation, les deux principaux syndicats policiers du pays, le SLFP et le SNPS, ont appelé leurs membres à se déclarer en grève et de la sorte ne pas remplacer les gardiens de prison.

"Le mot d'ordre est relativement bien suivi, avec des différences d'une zone à l'autre", explique Fabrice Discry, porte-parole du Syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS). L'objectif n'est pas de critiquer l'action des gardiens de prisons mais ce n'est pas aux policiers de les remplacer, estime-t-il encore. "Nous souhaitons qu'un service minimum soit assuré au sein des prisons", à l’image de ce qui existe déjà pour les policiers.

Avec la menace terroriste actuelle et le déficit que nous rencontrons déjà en termes de personnel, nous avons assez de difficultés que pour encore devoir remplacer les gardiens de prison, renchérit Vincent Houssin, vice-président du SLFP-Police.

Des bourgmestres "exaspérés"

Les bourgmestres de communes de Forest et Saint-Gilles, Marc-Jean Ghyssels et Charles Picqué, se disent jeudi soir "exaspérés par la non-gestion de la situation dramatique vécue dans les prisons", à l'origine, selon eux, du mouvement de grève actuel dans les établissements pénitentiaires.

La mobilisation d’une centaine d’agents locaux dans les prisons établies dans ces deux communes se ferait aux dépens de la protection des populations locales, alors que la Belgique vit toujours à un niveau 3 de menace terroriste.

"Des opérations doivent être annulées, les policiers sont moins présents dans les quartiers et des enquêtes sont mises en standby", dénoncent MM. Ghyssels et Picqué dans un communiqué. Ceux-ci réclament dès lors d'urgence des actes et des moyens structurels du gouvernement fédéral au bénéfice de la justice, la sécurité et les prisons.