Démission de Turtelboom: un "House of Cards" à l’Open VLD

Les éditorialistes flamands sont tous sur la même longueur d’onde ce samedi : le terme péjoratif de "Turteltaxe" a fini par faire tomber la ministre libérale flamande de l’Energie Annemie Turtelboom. Mais derrière ce coup fatal se cachent de multiples machinations au sein de son parti. Aux yeux des quotidiens du nord du pays, la présidente de l’Open VLD Gwendolyn Rutten a poussé sa collègue à la démission.

Ce samedi, De Standaard évoque un "fratricide", alors que Het Nieuwsblad titre : "Sacrifiée par Rutten". Pour Het Laatste Nieuws, Annemie Turtelboom a été "larguée", ou encore "brisée" pour le quotidien De Morgen.

Les journaux flamands sont revenus sur plus d'un mois de procès au sein de l’Open VLD qui a mené à la démission de la vice-ministre-présidente flamande, chargée de l’Energie, du Budget et des Finances.

En annonçant sa décision, Annemie Turtelboom a déclaré avoir été touchée de façon trop "personnelle". C’est peu dire quand on sait qu’en Flandre, la taxe sur l’électricité a été rebaptisée "Turteltaxe", un terme péjoratif largement adopté dans les médias, mais aussi dans le monde politique et plus globalement par les citoyens du nord du pays.

Le "problème Turtelboom"

Assimiler le nom d’un représentant politique libéral à une taxe ne peut qu’être mal perçu au sein de l’Open VLD. Sa présidente semble ne pas l’avoir supporté.

Le quotidien De Standaard parle de "House of Cards dans la petite fabrique bleue" et fait ainsi référence à la célèbre série politique américaine où tous les coups sont permis. Selon l’éditorialiste, la démission d’Annemie Turtelboom n’était pas une grande surprise, contrairement au timing. La pression sur la ministre n’a cessé de croître ces derniers mois, et les représentants du parti s’étaient réunis à maintes reprises pour parler du "problème Turtelboom". Le scénario d’une démission aurait été évoqué dès le début du mois.

Bart Tommelein et Philippe De Backer auraient d’ailleurs préalablement été mis au courant. Il ne restait plus qu’à attendre que Gwendolyn Rutten commette le "fratricide", un acte qu’elle a fini par exécuter hier. A ses yeux, une démission était le seul moyen de se débarrasser du stigmate de la Turteltaxe, selon Het Nieuwsblad.

Mais pour l’éditorialiste du Laatste Nieuws Jan Segers, Annemie Turtelboom a été "larguée" et "jetée dans les ordures ménagères" alors qu’elle tentait de nettoyer les déchets des gouvernements précédents. Après avoir fait le grand nettoyage à l'Open VLD, la Turteltaxe n’a, elle, pas disparu, conclut-il.