"Des familles avec enfants à la rue à Bruxelles"

Le plan d’accueil hivernal ayant pris fin le 25 avril, les centres d’accueil d’urgence à Bruxelles ferment officiellement leurs portes ce lundi. Il reste encore 280 places d’hébergement de nuit, mais c’est nettement insuffisant. Une cinquantaine d’enfants et leurs parents se retrouvent ainsi sans logement, à la rue. La Plate-forme Mineurs en exil réclame une solution structurelle.

Accompagnées par plusieurs représentants d'associations, quelque 70 personnes dont une quarantaine d'enfants se sont rassemblées, ce lundi matin, à la Porte d'Anderlecht à Bruxelles pour marquer leur dernière nuit d'hébergement prolongé au Samusocial, à la suite de la fin du plan d'accueil hivernal le 25 avril.

Le rassemblement s'est fait dans le calme. Les familles sont majoritairement en situation irrégulière. Certaines ont été déboutées de leurs demandes d'asile, mais ont encore des perspectives de régularisation. D'autres sont dans une procédure de demandes multiples. Il y a des enfants en bas âge, comme des adolescents scolarisés en secondaire.

La clôture du plan hivernal a touché environ 1.200 personnes, bien que deux centres soient restés ouverts une semaine de plus en raison des températures redevenues fraiches. Mais ces deux centres ferment ce lundi, ce qui touche avant tout une cinquantaine d’enfants et leurs parents.

Pour Tine Vermeiren, porte-parole de la Plate-forme Mineurs en exil, l'accueil classique destiné aux sans-abri n'est pas adéquat pour des familles avec enfants. "Nous avons des contacts depuis un moment en prévision de la situation, au niveau fédéral et au niveau de la Région, mais jusqu'à présent aucune solution n'a été donnée", déplore la porte-parole.

"Nous demandons au gouvernement fédéral de respecter l'arrêté royal de 2004 selon lequel les familles avec des enfants mineurs qui sont en séjour irrégulier doivent être accueillies et accompagnées. Au cabinet du Secrétaire d’Etat Theo Francken, on nous a dit que les familles sont accueillies uniquement si elles acceptent de retourner dans leurs pays d'origine. La loi prévoit pourtant un accueil axé sur le retour ou sur la régularisation en famille. Au niveau régional, l'accueil pour les familles n'a plus suffisamment de places. Il y a seulement quatre chambres d'urgence, mais ce n'est pas suffisant. C'est la rue qui les attend", conclut Tine Vermeiren.

La Plate-forme Mineurs en exil estime que les enfants ne devraient jamais être victimes de leur statut d’immigration. "Il faut une solution structurelle pour l’accompagnement et l’accueil de ces familles, pendant toute l’année".

Il reste encore 280 places pour un accueil de nuit , mais "elles sont surtout destinées aux hommes et femmes seuls". Quant au centre pour les familles avec enfants, il est bondé.