Un Belge sur quatre admet prendre le volant sous l’emprise de l’alcool

D’après le baromètre européen de la conduite responsable de Vinci, les Belges pensent être plus résistants à la boisson que leurs homologues européens. Ils sont aussi plus nombreux à s'estimer courtois sur les routes.

Les conducteurs belges (41%) sont plus nombreux à s'estimer courtois sur les routes que leurs homologues européens (27%), ressort-il mardi du baromètre européen de la conduite responsable de Vinci. En règle générale, les Belges surestiment leurs capacités de conduite responsable.

Globalement, les Européens estiment être de bons conducteurs en s'octroyant une distinction de 7,7/10. Le conducteur belge exprime une confiance un rien supérieur en se donnant un 7,8. La quasi-totalité (98%) des conducteurs du plat pays utilisent d'ailleurs un adjectif à connotation positive pour décrire leur attitude au volant.

Ils sont par contre bien plus critiques quand ils viennent à juger le comportement des autres conducteurs (belges). Ils qualifient leurs compatriotes d'"irresponsables" (37%), "stressés" (36%), "agressifs" (30%) et même "dangereux" (22%).

Dans les faits, ces sentiments de craintes ne les rendent cependant pas plus exemplaires que les autres conducteurs de l'Union. Les Belges sont passés maîtres dans le dépassement par la droite sur autoroute (35% à le faire, pour 30% dans l'UE) et dans le fait d'utiliser le klaxon à tort et à travers (52% contre 47% dans l'UE). Ils sont également bien moins respectueux des limitations de vitesse en zone de travaux (66% à ne pas ralentir, pour 53% en UE).

Conduite en état d’ivresse et siestes sur le trajet

Autre mauvais point: les Belges pensent être plus résistants à la boisson que leurs homologues européens. En moyenne, nos compatriotes s'accordent le droit de reprendre le volant après avoir ingurgité jusqu'à 2,7 verres (2,1 en moyenne européenne). Un sur quatre reconnaît d'ailleurs prendre le volant en étant au-dessus de la limite d'alcool autorisée, soit près du double de la moyenne en Europe.

Dans la liste des défauts, notons encore que 45% des Belges paramètrent leur GPS en roulant et que 29% envoient ou lisent des SMS au volant. Près d'un Belge sur trois estime également qu'il est possible de conduire en étant fatigué et 28% admettent avoir déjà eu l'impression de s'assoupir au volant.

Ceci dit, selon le sondage, 82% des conducteurs belges (contre 56% des Européens) disent s'arrêter au cours de leur trajet pour faire une sieste, faisant d'eux "les champions incontestés" de cette bonne pratique.

"Les résultats de ce baromètre mettent une nouvelle fois en évidence la trop grande tolérance des Belges en matière d'alcool au volant et leur tendance à être distraits pendant la conduite", souligne Karin Genoe, administrateur délégué de l'Institut belge de Sécurité routière (IBSR). "Il s'agit indéniablement de deux thèmes prioritaires pour faire baisser le nombre d'accidents sur nos routes."

Pour réaliser le baromètre, l'institut Ipsos a interrogé 13.600 Européens (dont 1.001 Belges) entre le 1er février et le 7 mars 2016.