Des détenus de la prison de Tournai boutent le feu à leur matelas

Plusieurs détenus de l'aile C, qui correspond à l'aile des prévenus en détention préventive, de la prison de Tournai ont bouté le feu mercredi à leur matelas en signe de protestation suite à la grève des gardiens. Trois cellules au moins ont été concernées par ces incidents. Il n'y a aucun blessé à déplorer malgré des détenus très en colère.

Les débuts d'incendie ont été circonscrits par les policiers de la zone du Tournaisis qui assurent la surveillance de l'établissement pénitentiaire pendant la grève des gardiens de prison. Aucune intervention des pompiers n'a cependant été nécessaire.

En marge de ces incidents, les policiers ont dû gérer la présence de plusieurs familles souhaitant rendre visite à leur proche. Celles-ci se sont installées à l'arrière de la prison de Tournai, sur des buttes de terre, et tentaient de communiquer directement avec les détenus. Aucun débordement n'a été constaté mais cette présence a cependant augmenté la charge de travail des forces de police.
 

La grève continue malgré une renconte avec Koen Geens

Le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) s'est réjoui du fait que les négociations avec les représentants syndicaux du personnel pénitentiaire soient sur la bonne voie et espère que le mouvement prendra fin d'ici vendredi, bien que ce ne soit pas évident étant donné que "l'initiative de la grève n'émane pas des syndicats mais de la base".

Le ministre de la Justice a soumis une proposition aux représentants syndicaux du personnel pénitentiaire, lors d'une réunion qui s'est tenue mercredi à son cabinet. Celle-ci inclut notamment 350 engagements, un gel des économies à 6% jusque fin 2016, un remplacement systématique des départs et une prime de flexibilité un peu plus importante pour tous les membres du personnel.

A l'issue de la rencontre, les syndicats flamands ont estimé que des avancées avaient été enregistrées. Côté francophone par contre, le personnel des prisons bruxelloises et wallonnes proteste toujours contre la rationalisation qui vise le secteur. "Les propositions des autorités ne répondent pas aux besoins actuels du personnel des prisons et aux problèmes de sécurité", a indiqué Laurence Clamar, secrétaire permanente Justice à la CSC Services publics.

De son côté, le ministre de la Justice a indiqué qu'une autre manière de travailler - une rationalisation du travail pénitentiaire - serait nécessaire pour améliorer la situation dans les prisons.

Il s'est par ailleurs dit frappé par les condamnations dont fait encore l'objet l'État belge en raison de la situation dans ses prisons et promet de procéder aux adaptations nécessaires.

Par ailleurs, la question de l'instauration d'un service minimum constitue toujours la pierre d'achoppement entre les autorités et les syndicats, qui négocient sur ce point depuis huit mois. Lundi, des discussions seront notamment menées à ce sujet en présence du médiateur social, a encore indiqué Koen Geens.