Trois prisons vont recevoir l’assistance de l’armée

Dès ce lundi des militaires pourront être déployés dans les prisons de Wallonie et de Bruxelles, où les gardiens sont en grève depuis 14 jours. Ces militaires n'assureront pas de mission de surveillance mais s'occuperont notamment de la distribution des repas et d’assurer les droits de base des détenus. Dans un premier temps des militaires seront déployés dans les prisons de Lantin, Saint-Gilles et Forest.

Le comité ministériel restreint a décidé dimanche soir de réquisitionner l'assistance de l'armée "en vue de fournir un soutien humanitaire supplémentaire dans les prisons bruxelloises et wallonnes".

Cette assistance de l'armée doit permettre d'améliorer la situation des détenus, dans leurs droits de base, dans les prisons touchées par la grève. "Cette décision est nécessaire parce que les directions, les non-grévistes, la Protection civile et la Croix-Rouge sont sur le pont sans discontinuité depuis 12 jours dans les circonstances extrêmement difficiles causées par la grève générale dans les institutions pénitentiaires bruxelloises et wallonnes", précise le cabinet dans un communiqué.

La décision a été prise sur proposition des ministres de l'Intérieur et de la Justice.

Dans un premier temps, 180 militaires seraient déployés dans les différentes prisons en grève.

Les prisons wallonnes et bruxelloises sont en grève depuis 14 jours pour protester contre les projets de rationalisation du ministre de la Justice Koen Geens (CD&V). Le dernier protocole d'accord conclu entre le ministre et les syndicats vendredi était progressivement rejetée par les gardiens des différents établissements pénitentiaires durant le week-end, faisant craindre une prolongation du mouvement de grève et des conditions de vie toujours difficiles pour les détenus.
L'Etat belge a déjà été condamné à trois reprises par les tribunaux pour les conditions de détention infligées aux détenus depuis le début de la grève: impossibilité de sortir de cellule et de prendre une douche, repas servis une fois par jour, linge non-lavé, visites supprimées, etc.

Le ministre de la Justice a indiqué dimanche midi qu'il avait "déjà dépassé le cadre budgétaire fixé par le gouvernement" dans les négociations avec les syndicats.

Les syndicats de militaires pas consultés

"L'armée va servir de bouée de sauvetage", a réagi le secrétaire général du syndicat militaire CGMP, Yves Huwart, qualifiant la décision du gouvernement de "surprenante et curieuse"
"Nous n'avons pas été consultés", affirme Yves Huwart, qui a appris la nouvelle dans les médias.

"A chaque fois qu'un service public ne parvient pas à accomplir ses tâches, on fait appel à l'armée", ajoute-t-il, se référant notamment à l'accueil des migrants et à la sécurité assurée par les militaires depuis la menace terroriste. "ça devient peu à peu une habitude. C'est curieux pour un gouvernement qui, d'une part, réduit les coûts liés à la défense et, d'autre part, fait de plus en plus appel aux militaires comme roue de secours", indique-t-il.

S'il ne s'est pas encore concerté avec les autres syndicats, le CGMP assure toutefois que l'armée n'observera pas d'arrêt de travail.