Des enquêteurs belges associés au FBI: une première en Europe

La Belgique et le FBI ont créé une "joint investigation team" pour mener l'enquête sur les attentats qui ont frappé l'aéroport de Zaventem et la station de métro Maelbeek à Bruxelles le 22 mars dernier. "Il s'agit d'une première en Europe", a souligné vendredi le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw à la Chambre.

"Cela nous a déjà énormément aidés pour certaines choses", a expliqué le magistrat. "Les Américains ont en interne - et donc pas sur base d'une collaboration internationale - beaucoup plus de possibilités que lorsque la Belgique pose une question à l'étranger. C'est une aide très concrète."

M. Van Leeuw a notamment fait référence à des déchiffrages de messages ou de données codées. "Il s'agit par exemple de certains cryptages, pour lesquels nous ne recevions pas d'autorisation, et qui sont tout d'un coup devenus possibles. Je n'irai pas plus loin dans les détails. Cela me paraît assez clair comme cela." Le procureur n'a pas souhaité expliquer s'il s'agissait de données d'iPhones ou de messages envoyés via le service WhatsApp.

La coopération du FBI avait été annoncée une semaine après les attentats, mais l'équipe officielle d'enquêteurs belges coopérant avec les Américains a été mise sur pied il y a deux semaines. La conseillère en matière de sécurité intérieure et de contre-terrorisme du président Obama, Lisa Monaco, a effectué une visite en Belgique cette semaine pour développer cette collaboration.

Après les attentats de Paris, la Belgique avait mis sur pied avec les autorités françaises une équipe d'enquête commune.

Dix-neuf victimes toujours hospitalisées

Plus de sept semaines après les attentats du 22 mars à l'aéroport de Zaventem et dans le métro bruxellois, 19 victimes reçoivent encore des soins dans un hôpital belge, indique vendredi le SPF Santé publique. Les blessés sont répartis dans neuf sites hospitaliers du pays.

Parmi ces patients, cinq se trouvent aux soins intensifs, dont deux dans des centres spécialisés pour les brûlés. La durée particulièrement longue de leur hospitalisation s'explique par la gravité et la particularité de leurs blessures, explique l'administration.

Les attentats du 22 mars ont fait 32 morts et blessé à des degrés divers environ 300 personnes.