Les F-16 belges frapperont l’EI en Syrie

Le cabinet ministériel restreint a décidé d’envoyer six avions de combat belges bombarder dès juillet le groupe terroriste Etat islamique (EI) en Syrie. "C’est aussi sûr que de survoler l’Irak", estime le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA).

Le gouvernement a décidé d'élargir le mandat des F-16 engagés dans la lutte contre Daech à la Syrie, a annoncé vendredi Charles Michel. La Belgique se lance donc à son tour dans la guerre contre l’EI, et rejoint ainsi la coalition internationale menée par les Etats-Unis. Un débat approfondi aura lieu au parlement, a assuré le Premier ministre.

En octobre 2014, notre pays avait déjà bombardé des position de l’organisation terroriste en Irak. Les avions de combat belges avaient alors opéré depuis une base aérienne en Jordanie.

Le gouvernement fédéral a décidé de faire un pas supplémentaire dans ce conflit. Le 1er juillet, les chasseurs-bombardiers belges doivent prendre le relais des appareils néerlandais basés en Jordanie.

A la fin février, les Etats-Unis ont formellement demandé à la Belgique d'étendre son intervention limitée jusqu'à présent à l'Irak. Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders et Steven Vandeput, n'ont jamais fait mystère de leur intention de répondre favorablement à cette demande.

Le Premier ministre a déjà indiqué de son côté que la "responsabilité" de la Belgique était "d'être solidaire dans des coalitions internationales pour assurer la sécurité chez nous et la stabilité aux frontières de l'Europe".

Une décision partiellement liée au attentats de Bruxelles

Les avions belges attaqueront les lignes d'approvisionnement de l'Etat islamique dans l'est de la Syrie. Jusqu’à présent, les avions de combat néerlandais n’ont pas énormément été sollicités, leurs appareils ne possédant pas les moyens de communication adéquats.

Les F-16 belges sont identiques aux avions néerlandais. C’est pourquoi le survol de la Syrie se fera sous des conditions strictes et préalablement déterminées. "La sécurité doit être assurée. Si tel n’est pas le cas, nous ne le ferons pas", avait souligné le ministre de la Défense la semaine dernière.

La décision d’envoyer des avions belges en Syrie est partiellement liée aux attentats terroristes du 22 mars. "Pour lutter contre l’EI, nous devons les combattre là où ils se trouvent", estime Steven Vandeput.

La trentaine de militaires affectés à des missions de formation et d'appui qui opéraient depuis Bagdad, dans un camp sécurisé, iront désormais dans d'autres parties du pays, toujours dans des endroits sécurisés. Ils continueront à remplir leur mission en deuxième ligne et non sur le terrain des opérations.

"Légitime défense collective"

D'un point de vue juridique, la Belgique fondera son mandat sur la résolution 2249 du Conseil de sécurité des Nations-Unies, qui demande aux Etats d'éliminer le sanctuaire de Daech en Irak et en Syrie, et sur l'article 51 de la Charte des Nations-Unies consacrant le droit à la légitime défense collective.

"De nombreux autres pays que la Belgique ont considéré qu'il y avait un mandat des Nations Unies pour légitimer les interventions, à côté de l'article 51 de la Charte sur la notion de légitime défense collective", a souligné le premier ministre.

Il revient au gouvernement de prendre une telle décision, conformément à la Constitution, a laissé entendre M. Michel. Un débat large et approfondi aura toutefois lieu au parlement avant le déploiement des F-16.