Des gardiens de prison forcent les portes du SPF Justice

Des centaines de gardiens de prison et de militants syndicaux se sont réunis mardi matin devant le siège du MR où ils ont bruyamment manifesté, lançant notamment pétards et œufs contre la façade. Les protestataires ont ensuite migré vers le SPF Justice, où il sont parvenus à s’engouffrer et causer d'importants dégâts.

Les manifestants, qui représentent l’ensemble du secteur public, se sont rassemblés devant le siège des libéraux francophones, sur l’avenue de la Toison d’Or.

Ils ont notamment lancé des pétards et sifflé la manière dont le gouvernement fédéral réagit à la grève qui affecte les prisons bruxelloises et wallonnes depuis trois semaines. Les protestataires, vêtus pour la plupart de vestes aux couleurs de la CSC et de la FGTB, ont aussi ciblé la façade du bâtiment de jets d'oeufs quasi continus.

"Nous voulons juste garder nos acquis", peut-on lire sur l'un des calicots. "Nous sommes d'accord avec Monsieur Koen Geens: c'est un métier pénible", proclame une autre pancarte.

"Nous ne sommes pas ici par plaisir", explique un gardien de la prison de Saint-Gilles au micro de la VRT. "On dit que les agents pénitentiaires aiment faire la grève. Mais j'aimerais voir le ministre et les députés faire tourner la prison pendant un mois".

Le SPF Justice pris d’assaut

Plus tard dans la matinée, les manifestants ont migré vers le SPF Justice. A force de tambouriner sur la porte d'entrée, ils sont parvenus à en briser les carreaux. Profitant de l'ouverture de la porte, des dizaines de militants se sont alors engouffrés dans le bâtiment.

"Des fenêtres ont été brisées, nous avons vu des meubles valser dehors, tout comme des téléphones et des machines à café. Il y a beaucoup de dégâts à l'intérieur", témoigne la journaliste de la VRT, Liesbeth Indeherberge.

Bert Rymen, un autre journaliste de notre rédaction présent sur place, a également subi le mécontentement des grévistes. Son téléphone portable a été réduit en miettes alors qu'il tentait de prendre des photos.

Des policiers, entrés par une autre porte, ont finalement réussi à les déloger. Leur intervention, à l'aide de matraques et de gaz lacrymogènes, a créé une certaine agitation parmi les manifestants, mais la situation serait à nouveau sous contrôle.

Une délégation doit être reçue à 16h00 au cabinet du ministre de la Justice. Environ 1.000 personnes participent à l'action, selon la police.

Réactions indignées

Le ministre de la Justice Koen Geens a exprimé sa "profonde indignation" à la suite des incidents survenus au siège de son cabinet. "Le ministre de la Justice exprime sa profonde indignation face à la violence aveugle qui a été utilisée lors de la préparation de l'entretien qu'il avait convenu avec la délégation d'agents pénitentiaires", indique le cabinet dans un communiqué.

Koen Geens "regrette au plus haut point les destructions occasionnées et le fait que les personnes de l'accueil ont été sous le choc", ajoute le cabinet du ministre. Le ministre "est plus décidé que jamais à mener la réforme pénitentiaire qu'il a promise", conclut le communiqué.

De son côté, le président du comité de direction du SPF Justice condamne les dégradations occasionnées mardi lors de la manifestation au bâtiment de l'administration Bordet A, ainsi qu'au matériel. "C'est inadmissible", commente Jean-Paul Janssens dans un communiqué.

"Le cordon de sécurité a été rompu et des manifestants sont rentrés par la force dans le bâtiment, obligeant le personnel à se mettre à l'abri. L'accueil du bâtiment a été complètement saccagé", détaille M. Janssens. "Le personnel de l'accueil a été traumatisé", poursuit-il.

Le bâtiment sera fermé au public ce mardi et mercredi.