Premiers signes de reprise dans l’Horeca bruxellois

Deux mois après les attentats perpétrés dans le métro de Bruxelles et dans le hall des départs de l’aéroport de Zaventem le 22 mars, le secteur des hôtels, restaurants et cafés bruxellois reste patraque, mais se relève néanmoins doucement. Une légère reprise de l’activité est constatée par Olivier Willocx, administrateur délégué de la Chambre de Commerce & Union des Entreprises de Bruxelles (Beci).
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Bruxelles souffre et les attentats ne seraient pas la seule cause d'une baisse d'activité. "Il y a un impact très important depuis les attentats de Paris, amplifié par un ensemble de choses qui ont une très mauvaise influence", déclare Philippe Trine, responsable restauration de la Fédération Horeca de Bruxelles. Les tunnels, le piétonnier ou les grèves récentes de Belgocontrol et des bagagistes d'Aviapartner sont ici visés.

Du côté de Comeos, la Fédération belge du commerce et des services, on confirme qu'un bilan chiffré exact est difficile à établir. La Fédération n'a cependant pas souhaité communiquer davantage sur l'impact des attentats sur le secteur Horeca. Plus tôt dans le mois de mai, elle avait déjà déclaré ne pas souhaiter "dévoiler de données après les attaques, afin d'éviter d'encore noircir le tableau du commerce à Bruxelles".

Olivier Willocx (Beci) note "un recours massif au chômage temporaire, qui touche plusieurs milliers de personnes". Il affirme également que la baisse d'activité réelle ne sera pas bien représentée dans les statistiques officielles car elles sont trimestrielles. Toutefois, il relativise le nombre de 10.000 emplois menacés avancé en avril. Toutes les entreprises ne sont pas touchées et l'administrateur délégué remarque un déplacement de l'activité vers Uccle, Waterloo ou Wavre, où le secteur Horeca "cartonne".

Une légère embellie est même observée. "Il y a une remontée d'activité quasiment partout. Nous avons laissé le plus dur derrière nous. Ce qui est très surprenant, c'est que la création d'activité a repris depuis un peu plus d'une semaine - depuis le long week-end de l'Ascension. Il a fallu une amélioration de la météo pour reprendre du poil de la bête".

Cette amélioration, Philippe Trine, de la Fédération Horeca de Bruxelles, ne la constate que très légèrement. "Le secteur fait seulement 50 à 60% de son chiffre d'affaires et c'était 30% juste après les attentats". Il admet que la météo a eu une légère influence "mais après ce qui s'est passé à Paris, certains n'osent plus venir en terrasse". Il déplore le climat de peur qui s'est installé. "La Belgique envoie maintenant des F16 en Syrie pour juillet, il y a des gens qui ont peur de représailles, qu'il y ait encore un attentat. Tout ça ne donne pas une très bonne ambiance".

Pour relever le secteur, les pouvoirs publics ont annoncé une série de mesures, telles qu'une exonération de taxes ou un report de charges, que salue le Beci. "C'est à nous maintenant de rappeler les promesses qui ont été faites. Ce n'est pas parfait: on ne peut pas prendre des mesures parfaites, rapidement et qu'elles soient parfaitement comprises mais nous sommes plutôt contents". Philippe Trine, lui, ne voit aucune mesure concrète prise pour aider le secteur Horeca, ce qu'il déplore. "Certains établissements ne rouvriront pas leurs portes après les vacances. C'est souvent ce qui arrive: on ferme pour les vacances et puis on ne sait plus rouvrir. On se rendra mieux compte de l'impact en septembre", conclut-il.