Grève des gardiens de prison: nouvel échec des négociations

Le ministre de la Justice Koen Geens et les syndicats se sont quittés une nouvelle fois vendredi soir, après plus de cinq heures de négociations, sans être parvenus à dégager d'accord. La rationalisation imposée aux établissements pénitentiaires constitue toujours la principale pierre d'achoppement pour les syndicats francophones.

"Le ministre campe sur ses positions et, pour être honnête, nous aussi", a affirmé le secrétaire fédéral de la CGSP-Amio, Michel Jacobs, à l'issue d'un énième round de négociations avec le ministre de la Justice. "Les agents pénitentiaires passeront de nouveau le week-end dehors", a-t-il ajouté, alors que la grève dure depuis plus de trois semaines dans les prisons wallonnes et bruxelloises.

Les syndicats francophones exigent un arrêt de la rationalisation et un retour au cadre de personnel en vigueur en 2014, lorsque les prisons belges comptaient 7.241 agents pénitentiaires. A l'heure actuelle, ils sont moins de 7.000.

Pour Pascal Verhelst, délégué SLFP, les propositions du ministre se rapprochent peu à peu des revendications syndicales. "M. Geens propose 1.075, ce qui est déjà bien. Mais nous n'avons obtenu aucune garantie sur la pérennisation de ce cadre au fil des ans", précise-t-il, tandis que les syndicats flamands ont déjà entamé le processus de rationalisation.

"Il est temps que le ministre regarde la réalité en face", indique pour sa part Laurence Clamart (CSC), selon qui les établissements pénitentiaires en Wallonie et à Bruxelles sont dans un bien plus piteux état qu'en Flandre en raison de leur infrastructure vieillissante.

"M. Geens a fait ce qu'il a pu dans le cadre du mandat qu'il a reçu, mais ce n'est pas le seul à avoir les cartes en main. Il est grand temps que l'ensemble du gouvernement prenne ses responsabilités et se mette à la table des négociations", ajoute M. Verhelst. Une position partagée par Michel Jacobs, qui invite "le seul parti francophone au gouvernement (le MR, NDLR) à défendre les intérêts des francophones et montrer qu'il ne reçoit pas d'ordres d'Anvers".

Egalement présents à la réunion, les syndicats flamands ont, eux, obtenu des réponses positives à leurs revendications qui portaient notamment sur une prime de flexibilité pour les agents travaillant la nuit. Un accord séparé, concernant les francophones d'une part et les flamands d'autre part, n'est par ailleurs pas envisageable. "Je resterai secrétaire national aussi longtemps que cela est possible", a affirmé Gino Hoppe, de l'aile flamande de la CGSP (ACOD).

De son côté, le ministre de la Justice a regretté que la réunion n'ait abouti à aucun accord, mais a qualifié l'atmosphère de "constructive". Selon lui, une prochaine rencontre doit avoir lieu en début de semaine prochaine, probablement lundi.