De Croo : "Labille a voulu provoquer une grève à Bpost"

Selon le ministre des Entreprises publiques Alexander De Croo (Open VLD) les déclarations de son prédécesseur Jean-Pascal Labille (PS) ont joué un rôle important dans l’échec de négociations sur le projet de fusion entre Bpost et PostNL. "Le seul but était de provoquer une grève", a-t-il déclaré. Bart De Wever est également très critique vis-à-vis de Labille. Ce dernier s'est dit étonné par les propos du ministre.

Les négociations entre Bpost et PostNL ont capoté in extrémis dimanche. On ignore exactement pourquoi les tractations ont échoué.

Il se pourrait que les deux opérateurs postaux ne soient pas parvenus à s’entendre sur le prix de la transaction. Ils ont annoncé dimanche soir qu'ils cessaient leurs négociations concernant "une éventuelle combinaison des deux sociétés par le biais d'une offre publique d'acquisition amicale de toutes les actions de PostNL par Bpost".

Interrogé à la VRT, le ministre en charge des Entreprises publiques Alexander De Croo estime dommage que l’accord n’ait pas pu avoir lieu. Selon lui son prédécesseur et actuel Secrétaire général de l'Union nationale des Mutualités socialistes porte une lourde responsabilité dans l’échec de ces négociations.

Jean-Pascale Labille (photo) avait révélé vendredi sur la RTBF qu'un rapprochement était en cours avec un opérateur européen, sans le nommer. "Dans peu de temps, la poste va perdre son statut d'entreprise publique", avait-il déclaré sur les ondes de La Première, ajoutant qu'il s'agissait d'une "question d'heures".

"Ces déclarations ont fait que les choses se sont emballées. Il a révélé des informations qui sont très sensibles en bourse. Or il existe des règles et des lois concernant la divulgation d'informations privilégiées. Ces lois sont valables pour tous, même pour le Secrétaire général des Mutualités socialistes" a ajouté Alexander De Croo dans "De ochtend" (VRT).

Selon De Croo, Labille a voulu délibérément semer l’inquiétude.  "L’information qu’il donnait était fausse, car l’Etat n’avait aucune intention de revendre ses actions dans Bpost, au contraire. Son seul but était de provoquer des grèves. Pour un parti socialiste qui affirme qu’il n’a rien à voir avec les grèves, je pense que les masques tombent" a conclu De Croo.

Le président de la N-VA Bart De Wever a lui aussi critiqué l'attitude l'ancien ministre socialiste. "Alors que le gouvernement fait des réformes, le PS sabote nos avancée en menaçant notre prospérité " et en détruisant des emplois".

Labille surpris que De Croo lui attribue l'échec des négociations

L'ancien ministre des Entreprises publiques Jean-Pascal Labille (PS) s'est dit surpris lundi par les déclarations de son successeur Alexander De Croo (Open VLD) qui pointe du doigt sa responsabilité dans l'échec des négociations de rapprochement entre bpost et le néerlandais PostNL.

"Essayer de faire croire qu'une petite phrase de dix secondes puisse faire capoter une négociation en cours depuis trois mois, c'est un peu trop court", a déclaré M. Labille à l'agence Belga.

"Mes propos n'étaient pas liés à un rachat ou une reprise (impliquant les Néerlandais de PostNL), ce qui aurait été une très bonne chose. J'ai voulu alerter sur une remise en cause du statut public de bpost si l'État descendait en dessous des 50%" de participations, a ajouté M. Labille.

A ses yeux, la responsabilité de l'échec du rapprochement doit être recherchée chez d'autres acteurs du dossier, notamment les régulateurs, mais pas dans son chef. "Je ne suis pas dans le dossier", a-t-il martelé.

L'ancien ministre réfute avoir appelé à la grève comme l'ont affirmé certains membres du gouvernement fédéral. "Les syndicats n'ont besoin de personne pour décider de débrayer".

Quant à la suspension du cours de bourse de bpost, elle aurait de toutes façons eu lieu dans le cadre du rapprochement des deux structures, selon lui.

M. Labille souligne que son but était d'insister sur l'importance de la concertation avec les entreprises publiques et sur le rôle de l'État. Concernant les mouvements sociaux, "il faut reprendre de la hauteur, se concerter et négocier".

Bpost voulait acquérir la totalité des actions de PostNL en échange de cash et d'actions bpost, ce qui aurait signifié que l'État belge aurait vu passer sa participation dans l'entreprise sous la barre des 50%, un scénario que le gouvernement avait autorisé. Il n'était toutefois pas question d'une vente des actions de l'État, avait précisé M. De Croo.

De son côté, Bpost a annoncé qu'elle ne saisirait pas la justice. "Ce n'est pas à nous de prendre une telle décision et donc, ce n'est pas à l'ordre du jour", a indiqué l'entreprise.

L'Autorité des services et marchés financiers (FSMA, le gendarme belge des marchés), analysera quant à elle les faits afin de déterminer "qui détenait quelle information et à quel moment". Il s'agit d'une procédure standard quand des faits d'importance touchent le marché.