Police et armée encore en renfort dans les prisons wallonnes

Des agents de la police fédérale et des militaires sont encore présents dans une quinzaine de prisons francophones pour y remplacer les gardiens en grève. Les trois syndicats néerlandophones et le syndicat libéral francophone ont pourtant approuvé lundi le protocole d’accord proposé par le ministre de la Justice, prévoyant notamment le recrutement d’agents, le gel des économies en 2016 et la diminution de la population carcérale. Mais les syndicats chrétien et socialiste francophones poursuivent leur action de protestation dans les prisons.

D'après l'administration pénitentiaire, des policiers fédéraux sont présents dans près de dix prisons francophones tandis qu'une cinquantaine de militaires sont déployés à Lantin (environ 20), Forest (18), Tournai (8), Namur (5) et Andenne (5). Il est trop tôt pour constater une évolution de la situation depuis l'accord conclu lundi entre quatre syndicats des gardiens de prison (SLFP, ACV, ACOD et VSOA) et le ministre de la Justice Koen Geens, précisait Kathleen Van De Vijver, porte-parole de l'administration pénitentiaire.

"Les actions menées ce mardi ne nous permettent pas de tirer des conclusions. Nous espérons constater des différences dans les prochains jours." Elle faisait ainsi référence à la grève et aux manifestations organisées par les syndicats des services publics. En Flandre, 56 agents de la police ont également été déployés dans plusieurs prisons afin de remplacer les gardiens qui suivent la grève dans les secteurs publics.

La situation s'est par ailleurs apaisée dans la prison de Saint-Hubert (photo), en province du Luxembourg, ajoute l'administration pénitentiaire. La police fédérale était intervenue lundi soir après que 25 détenus aient refusé de réintégrer leurs cellules.

A la prison de Saint-Gilles, les gardiens ont dû reprendre le travail ce mardi matin. Il s’agit en effet d’une prison flamande, et les trois syndicats néerlandophones ont signé lundi le protocole d’accord avec le ministre de la Justice.

Koen Geens convainc 4 des 6 syndicats

Les trois syndicats néerlandophones (ACV, ACOD et VSOA) ainsi que le syndicat libéral francophone (SLFP) ont approuvé lundi le protocole d'accord du ministre Geens (photo) prévoyant notamment un recrutement d'agents, le gel des économies en 2016 et la diminution de la surpopulation carcérale.

Quelque 480 agents statutaires, dont des psychologues ou des assistants sociaux, seront recrutés. La plus grande partie des engagements concerne les agents pénitentiaires: 386 agents engagés avant la fin du premier semestre 2017. Concrètement, les départs seront remplacés pour atteindre le cadre de 7.075 équivalents temps plein, contre 7.241 en 2014. Toute économie en matière de personnel est donc gelée pour 2016.

L'accord comprend également une prime de flexibilité pour le personnel des établissements qui appliquent la nouvelle méthode de travail "Travailler autrement", la fameuse "rationalisation" décriée par la CGSP et la CSC - les deux syndicats francophones qui n’ont pas signé. Toutes les catégories de personnel qui la mettent en oeuvre recevront trois euros à indexer de l'heure. Ceci sera activé "immédiatement et avec effet rétroactif" par un groupe de pilotage qui validera les établissements concernés. La méthode, "Travailler autrement", sera validée par le Comité de concertation de base de chaque établissement, sur base volontaire et concertée, ajoute l'accord.

Les infrastructures pénitentiaires seront améliorées. L'entretien et les investissements par la Régie des bâtiments (46 millions d'euros en 2016) seront accélérés. Un programme du ministère de la Justice (10 millions d'euros) sera mis en place pour les petits travaux et la sécurisation des prisons.

La surpopulation carcérale sera limitée à 10.000 détenus, promet l'accord. Ceci grâce à de nouvelles mesures, notamment en matière de détention préventive. Enfin, l'évolution du recrutement, de la surpopulation carcérale et des travaux d'amélioration sera évaluée chaque trimestre. En 2017, une évaluation globale auprès de chaque établissement sera réalisée.