La fin d’une époque: le "teletekst" cesse d’exister

La décision avait été prise début 2016. Mais depuis ce mardi, c’est désormais chose faite : la VRT a officiellement mis un terme à son service télétexte. Seule la page 888, qui offre le sous-titrage d’émissions de télévision, reste active.

Le service télétexte de la télévision publique flamande avait vu le jour il y a 36 ans. Il constituait alors une source d’information innovante, mais avec l’arrivée d’internet et des appareils mobiles, la raison d’être de ce médium a légitimement été remise en cause.

Ces dernières années, la consultation du télétexte avait nettement diminué. Il y a quelques mois, la VRT a décidé de progressivement abandonner ce service. Ce mercredi 1er juin, le "teletekst" a cessé d’être. Seule la page 888 demeure.

L’argent économisé servira désormais à développer de nouveaux canaux d’information, afin que les lecteurs, auditeurs et téléspectateurs puissent recevoir rapidement une information correcte et complète, là où ils le désirent et notamment sur des supports mobiles.

"Dans le temps, seuls 10.000 téléviseurs avaient le télétexte en Flandre"

Linda Van Crombruggen (photos ci-dessus et ci-dessous) faisait partie de la petite équipe télétexte de la VRT lorsque celui-ci a été lancé. "C’était fantastique, car tout était possible!", témoigne-t-elle. "J’étais présente dès le premier jour, le 8 mai 1980. Nous n’étions que trois, et il n’y avait pas encore de rédaction. Celle-ci n’a été constituée qu’un an plus tard".

"Le grand baptême de feu a été en 1982, lors des élections communales. Nous n’avions que 100 pages sur télétexte, mais il y avait évidemment bien plus de communes, et nous devions tout encoder à la main", raconte Linda. "Les communes nous appelaient elles-mêmes par téléphone pour donner leurs résultats. Ceux-ci apparaissaient alors pendant une minute sur l’écran. Nous sommes restés scotchés à nos téléphones du dimanche au mardi!".

A partir de 1985, le télétexte est passé à 800 pages. "Il faut savoir qu’à l’époque en Flandre, seulement 10.000 téléviseurs avaient l’option télétexte. Installer la fonction était alors encore très cher, ça pouvait aller jusqu’à 15.000 francs belges. Nous avions donc un public restreint, mais on travaillait comme si le monde entier nous lisait. Notre défi était toujours de donner l’info avant la radio", indique la collaboratrice de la VRT.

Ce mardi, au sein de la rédaction du service public flamand, Linda et ses collègues ont bu un verre à la santé du "teletekst". Pour elle et pour de nombreux Flamands, un page vient d’être tournée.