Le loyer mange une part toujours plus grosse du budget

L’an dernier, les prix des loyers ont continué à augmenter en Flandre, en moyenne de 2,7%. L’Association des locataires tire la sonnette d’alarme : la location devient progressivement inabordable pour un nombre croissant de citoyens. Il faut davantage investir dans les logements sociaux. La ministre flamande du Logement affirme que sa Région n’a jamais autant investi dans les logements sociaux.

En 2015, un locataire a payé en moyenne 590,22 euros par mois pour son appartement ou sa maison. Un an plus tôt, le montant moyen était encore de 574,45 euros, indique le rapport annuel de l’Association des locataires.

Le prix de location moyen augmente ainsi plus rapidement que les revenus moyens et que le coût moyen de la vie. "L’augmentation ne semble, à première vue, pas être tellement importante, mais la différence s’accumule d’année en année. A terme, cela fait une grande différence dans le budget des gens", expliquait Joy Verstichele de la Plateforme flamande des locataires dans l’émission "De Ochtend" de la VRT (Radio 1).

Ce sont avant tout les personnes isolées et les familles qui risquent de ne plus pouvoir payer leur habitation, met en garde l’Association. "La grande enquête réalisée en 2013 sur le logement a déjà révélé que 30% de tous les locataires privés conservent trop peu de leurs revenus, après avoir payé leur loyer, que pour pouvoir vivre de façon décente", soulignait Verstichele.

D’autre part, "la qualité des logements laisse parfois à désirer. Progressivement, la location de logements insalubres augmente. Cela sera certainement le cas maintenant que des demandeurs d’asile reconnus arrivent en masse sur le marché privé de la location".

"Investir davantage dans les logements sociaux"

Si les prix augmentent, c’est que le nombre de logements disponibles pour la location ne suffisent plus à satisfaire la demande. Le propriétaire possède ainsi une position plus forte pour négocier.

L’Association des locataires propose trois solutions au problème. "Premièrement, il faut investir davantage dans les logements sociaux. Sur le marché privé de la location, on trouve beaucoup de gens qui ont en fait droit à un logement social". D’autre part, "les locataires doivent être soutenus par de plus larges subsides à la location. Sur la scène européenne, nous sommes à la traine dans ce domaine".

Enfin, "nous devons oser envisager des choses innovantes, comme donner un stimulus fiscal aux propriétaires qui louent des logements à des prix abordables".

"Réorienter le bonus au logement"

La ministre flamande au Logement, Liesbeth Homans (N-VA), soulignait dans une interview avec Het Nieuwsblad que sa Région n’a encore jamais autant investi dans les logements sociaux. Cette année, 200 millions d’euros supplémentaires ont été débloqués à cet effet.

"Nous apprécions certainement les économies de la ministre", commentait Verstichele de l’Association des locataires. "Mais nous devons considérer l’ensemble de la situation. Des milliards d’euros passent au bonus au logement et à l’acquisition de biens. Ce qui fait monter les prix. Nous devrions réorienter du bonus au logement vers le marché de location privé et social".