"Je me sens coupable à l’égard des détenus"

Invité jeudi soir sur le plateau de l’émission télévisée "Van Gils & Gasten" (VRT), le ministre de la Justice a déclaré qu’aux Pays-Bas "il existe un service minimum lors de grèves" et la situation ne devient donc pas aussi pénible pour les prisonniers qu’elle ne l’est actuellement en Belgique francophone. "Je me sens coupable envers les détenus", avouait Koen Geens (CD&V).

"La situation est bonne en Flandre, s’est améliorée à Bruxelles et est encore mauvaise en Wallonie", résumait le ministre de la Justice jeudi soir sur le plateau de l’émission "Van Gils & Gasten", à la VRT, alors que la grève des gardiens de prison dure depuis environ 5 semaines en Belgique francophone.

Quatre des six syndicats de gardiens de prison - les trois flamands et le syndicat libéral francophone - ont approuvé au début de la semaine le préaccord élaboré avec Koen Geens. Les syndicats chrétien et socialiste francophones refusent encore toujours les propositions du ministre. Mais ce dernier espère qu’ils changeront rapidement d’avis.

De son côté, il ne compte plus faire encore des concessions aux syndicats. "Si vous avez un accord avec 4 parties, il faut être prudent de ne pas faire davantage de concessions encore", déclarait Geens à la VRT.

"C’est difficile, monsieur le ministre, mais nous tenons bon"

Bien qu’il paraisse la plupart du temps très calme, même dans les situations difficiles, le ministre de la Justice avouait jeudi soir être très touché par le sort des détenus. En raison de la grève des gardiens, nombre d’entre eux n’ont pas eu droit pendant des semaines à des sorties, des visites de proches, voire même à prendre une douche ou changer de draps de lit.

"Les images et les récits de la situation dans certaines prisons sont déplorables. Mais ce n’est de loin pas aussi terrible dans toutes les prisons".

Et le ministre de révéler qu’il reçoit régulièrement "des lettres de détenus. Ce matin ce fut encore le cas. Un détenu m’a écrit :" C’est difficile, monsieur le ministre, mais nous tenons le coup".

Koen Geens se sent-il coupable ? "Oui", répondait-il sans hésiter. "A l’égard des détenus je me sens coupable. Dans un certain sens, je représente notre pays. La Belgique ne devrait plus se trouver dans pareille situation en l’an 2016. Dans un pays comme les Pays-Bas, cela ne serait pas possible, parce qu’il faut un service minimum dans les prisons en cas de grèves des gardiens".