Reprise du travail dans certaines prisons wallonnes

Alors que la grève des gardiens de prisons francophones dure depuis 45 jours, le mouvement de protestation s’effrite de plus en plus. Les agents pénitentiaires de Dinant ont voté la reprise du travail mercredi, alors que leurs collègues de Nivelles reprendront le travail lundi. Deux cents détenus de prisons en grève recevront une semaine de congé pénitentiaire en plus.

Les agents pénitentiaires de la prison de Dinant ont voté jeudi en assemblée générale la reprise du travail dès mercredi prochain. C’est ce qu’a fait savoir le délégué syndical CGSP. "Nous arrêterons le mouvement de grève mardi en fin de journée", a précisé Pascal Denis.

Les agents de la prison de Nivelles (photo) ont également voté, jeudi, en faveur de la reprise du travail, dès lundi. D'autres assemblées générales étaient par ailleurs prévues ce vendredi et lundi dans chaque établissement pénitentiaire pour décider quelle suite donner au mouvement de grève.

Les gardiens de la prison de Namur ont ainsi décidé de poursuivre leur action de protestation, tout comme ceux de Tournai notamment. A Leuze-en-Hainaut, le travail a par conre repris.

Les syndicats chrétien et socialiste francophones ont formulé mercredi une contre-proposition au protocole d'accord du ministre de la Justice, accepté par les trois syndicats néerlandophones (ACV, ACOD, VSOA) et l'organisation libérale francophone SLFP le 30 mai dernier. Le Premier ministre Charles Michel a cependant fait savoir qu'il considérait que les négociations sont terminées.

Ultime proposition à Jamioulx

Une assemblée générale s'est tenue jeudi à la prison de Jamioulx (photo) pour débattre du protocole d'accord du ministre de la Justice Geens. Les délégués ont ensuite été mandatés pour une ultime modification qui sera déposée lundi à Bruxelles, a indiqué le délégué syndical CGSP.
Il s'agira d'une proposition de modification d'une partie de ce protocole.

Si les agents marquent leur accord sur le chiffre de 7.075 agents présenté par le ministre dans la dernière version de ce protocole, ils demandent une inversion du chapitre qui concerne la rationalisation et les investissements en infrastructure. Pour eux, cette rationalisation ne doit intervenir qu'une fois les investissements en infrastructure effectués, et non pas avant, comme le prévoit le protocole.

A la prison d’Ittre, une majorité des gardiens de prison ont voté ce jeudi contre une reprise du travail.

Le gouvernement a pris en compte les infrastructures

L'accord conclu avec les syndicats est le fruit d'"une concertation sur l'ensemble du pays, qui a porté non seulement sur des engagements mais également sur une analyse des infrastructures, prison par prison", a indiqué jeudi le Premier ministre Charles Michel, rejetant l'argument de la CGSP socialiste et de la CSC chrétienne selon lequel le protocole est calqué sur la situation en Flandre.

Les deux syndicats reprochent à Charles Michel de s'être comporté en "Premier ministre des Flamands". Interrogé à l'issue du conseil des ministres, le chef du gouvernement a rappelé que l'accord avait également été signé par le SLFP, "pendant francophone". Le gouvernement a effectué une analyse globale des infrastructures pénitentiaires dans le pays. Il s'agit d'une analyse "pas seulement communautaire, il existe des différences selon les établissements et cette spécificité a été très largement prise en compte", a-t-il souligné.

Longue inspection de la prison de Forest

Les pompiers de Bruxelles, les services communaux des travaux, la Régie des bâtiments et des représentants du cabinet du ministre de la Justice ont procédé à une inspection de la prison de Forest (photo), jeudi entre 14h et 18h. Le bourgmestre de Forest, Marc-Jean Ghyssels, l’a confirmé en soirée. Il avait pris l'initiative de commanditer cette inspection après avoir été alerté par la Commission de surveillance de la prison de Forest.

Des documents complémentaires, notamment sur les installations électriques, ont été demandés à la Régie des bâtiments et au ministère de la Justice. Les rapports du service communal et des pompiers permettront d'évaluer l'état actuel des bâtiments et les risques encourus par les visiteurs, détenus, avocats et par le personnel.

Le bourgmestre envisagera dès lors la possibilité de prendre un arrêté de fermeture: "La difficulté sera de peser le pour et le contre et d'évaluer les solutions possibles face à une situation extrêmement difficile. Mais, je serais peut-être contraint de prendre des mesures radicales étant donné que ma responsabilité est engagée, surtout à partir du moment où on me confirme que la situation est dangereuse."

Congé pénitentiaire prolongé pour 200 prisonniers

En raison de la prolongation de la grève des gardiens de prison, quelque 200 détenus verront leur congé pénitentiaire prolongé. Au lieu de pouvoir sortir de prison pendant 36 heures, comme d’habitude, ils pourront s’en absenter pendant 15 jours. L’information a été confirmée à la VRT.

La grève qui dure depuis plus de 6 semaines a entrainé des situations de tension et d’hygiène intenables dans certains établissements carcéraux de Wallonie. De nombreux détenus ne peuvent plus non plus recevoir de visites depuis des semaines.