Sanctions financières pour les corps de police qui ne "prêtent" pas d'agents

La police fédérale a dernièrement demandé un coup de main en termes d'effectifs aux polices locales en raison de la menace terroriste et des nombreuses grèves. Toutefois, certaines zones ont été moins généreuses que d'autres. Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon souhaite maintenant sanctionner financièrement ces dernières, rapportent mercredi Het Laatste Nieuws et De Morgen.

Il est prévu par la loi que les zones de police locale gardent une réserve de 1,2 à 1,5% de leurs effectifs. Le système a été créé pour répondre à des situations exceptionnelles. "Mais des réticences se font sentir ici et là, principalement dans le sud du pays", a expliqué le parlementaire N-VA Koenraad Degroote sur base de chiffres de la police.

Le ministre Jan Jambon s'est adressé à plusieurs reprises par écrit aux zones de police locale leur demandant de faire preuve de solidarité. S'il apparait que le manque d'effectifs se fait à nouveau ressentir, les zones seront sanctionnées avec une "diminution de leur dotation", a-t-il prévenu. L’argent économisé pourrait servir de fonds de solidarité dans lequel les zones de police les plus participatives auraient la possibilité de piocher.

Pas si simple

Aux yeux du bourgmestre d’Erpe-Mere, Hugo De Waele (CD&V), sanctionner financièrement les communes n’est pas une bonne idée. Il estime en effet qu’il n’est pas évident pour les administrations locales de libérer du personnel pour les missions nationales.

"Cela va trop loin", déclare-t-il. "Il y a quelque semaines, nous avons adressé une lettre au ministre pour exprimer notre soutien au principe de solidarité, mais on ne peut pas infliger des sanctions financières s’il est clairement prouvé qu’il est impossible pour certaines zones de police de fournir des agents à la police fédérale", explique Hugo De Waele.