Révélation de transactions douteuses chez Optima

De nombreuses transactions douteuses ont été mise au jour chez certains membres de la direction de la banque gantoise Optima déclarée en faillite mercredi. Des révélations faites par le quotidien flamand De Tijd.

"Mardi dernier, peu après l'annonce de la mise sous curatelle d'Optima par la Banque nationale et du retrait de sa licence bancaire, certains membres de la direction d'Optima Bank ont encore voulu effectuer rapidement quelques transactions", a déclaré le journaliste du Tijd Stefaan Michielsen dans "De ochtend" (VRT).  "Certains clients de la banque Optima ont aussi été réveillés durant la nuit et incités à retirer l'argent de leur compte".

C'est ce que relève le commissaire spécial nommé le 13 mai par la Banque nationale pour superviser les activités d'Optima. Il a présenté ses conclusions à la Banque Nationale dans une lettre que De Tijd a pu consulter.

Les tentatives pour retirer de l'argent rapidement ont été la raison pour laquelle Banque nationale a décidé le mercredi 8 de bloquer tous les comptes d'Optima.

Il y a eu ces dernières semaines encore d'autres tentatives de retraits in extremis. Le commissaire spécial, qui doit donner son autorisation pour tous les paiements, a reçu la demande le 3 juin d'en valider quelques-uns à destination de fournisseurs. Après un contrôle il s'avère qu'il s'agissait avant tout de sociétés appartenant à des membres de la direction d'Optima.

Cette histoire aura certainement une suite judiciaire. Pour le Député Peter Vanvelthoven (SP.A) "Il y aura sans aucun doute une enquête judiciaire mais il faudra aussi vérifier s’il n’y a pas eu d’infractions à la législation sociale".

Peter Vanvelthoven (photo) demande aussi l’ouverture d’une enquête parlementaire pour découvrir comment la banque Optima a pu tomber en faillite alors qu’elle se trouvait depuis des années sous le contrôle de la Banque nationale.

Le patron d'Optima placé lui-même sous administration judiciaire

Le tribunal de commerce de Gand a désigné deux administrateurs provisoires en charge du patrimoine du président et principal actionnaire d'Optima Banque, Jeroen Piqueur, écrit mardi De Tijd.

Les administrateurs judiciaires sont censés veiller à ce que Jeroen Piqueur ne se rende pas volontairement insolvable. Dans un premier temps, ils dresseront un état des lieux de son patrimoine.

De Tijd précise également que l'ancien ministre socialiste Luc Van den Bossche (68 ans) a remis sa démission de président du pôle immobilier Optima Global Estate. Celui-ci quitte donc Optima après en avoir été le CEO lorsque Optima Banque avait repris Ethias Banque fin 2011. Début 2015, il avait quitté la présidence du comité de direction pour devenir président d'Optima Global Estate.

La Banque nationale a pris ses responsabilités, assure son gouverneur

La Banque nationale de Belgique (BNB) a pris ses responsabilités dans le dossier de la faillite d'Optima Banque, a indiqué son gouverneur Jan Smets lors de la présentation du rapport de stabilité financière de l'institution, jeudi.

Ce sont les irrégularités de l'actionnaire principal de la banque qui ont mené à sa liquidation.

Optima Banque a été déclarée en faillite mercredi par le tribunal du commerce de Gand. Auparavant, la BNB avait décidé de bloquer le remboursement des dépôts et de faire appel au Fonds de garantie.
Le superviseur du secteur bancaire qu'est la BNB a toujours tout fait pour protéger les épargnants, selon Jan Smets.

En 2011, Optima a repris les activités bancaires d'Ethias et de nombreuses "précautions" ont été prises à ce moment, selon le gouverneur. Quelques années plus tard, la BNB a cependant constaté que l'avenir économique et de l'emploi au sein d'Optima n'étaient plus assurés en raison de "problèmes structurels de rentabilité".

Début 2014, la BNB a donc demandé que la banque fasse appel à un partenaire financier externe. Son souhait n'a pas été exaucé, amenant la BNB à demander la liquidation des activités bancaires. En septembre 2014, Optima annonce donc qu'elle ne proposerait plus de comptes d'épargne et n'octroierait plus de prêts. A ce moment, assure M. Smets, il y avait encore un avenir pour Optima et le personnel, soit la planification financière.

La liquidation ordonnée était en bonne voie, argumente Jan Smets, puisque les dépôts étaient passés de 700 à 90 millions d'euros. Mais le bon déroulement de la liquidation a été compromis par des "irrégularités très sérieuses" au sein de la banque, sur lesquelles la BNB est tombée lors d'une inspection. Il est alors apparu que l'actionnaire principal a "retiré des ressources de la banque", selon M. Smets.

Les suites sont connues: les comptes ont été bloqués et le Fonds de garantie pour les services financiers a été sollicité.