Attentat de Maelbeek : reconstitution à Etterbeek

Les alentours de l’avenue des Casernes, dans la commune bruxelloise d’Etterbeek, sont fermés à la circulation ce vendredi pour permettre la reconstitution des faits qui ont précédé l’attentat du 22 mars à la station de métro Maelbeek. Les terroristes impliqués dans l’attentat l’ont en effet préparé dans un appartement que des complices avaient loué dans cette rue. Quatre suspects doivent participer à la reconstitution.

La reconstitution a démarré vers 11h du matin et devrait s’achever en fin de journée. Les environs de l’avenue des Casernes ont été bouclés par la police. C’est au numéro 39 de l’avenue, dans un appartement loué par certains des suspects, qu’a été préparé l’attentat-suicide perpétré à la station de métro Maelbeek le 22 mars.

Les terroristes Osama Krayem et Khalid El Bakraoui auraient quitté cet appartement le 22 mars au matin pour se rendre à la station de métro Pétillon. El Bakraoui a pris le métro et s’est fait exploser dans la rame à hauteur de la station Maelbeek. Krayem serait par contre retourné à l’appartement, où - selon ses dires - il aurait jeté dans la toilette les explosifs qui se trouvaient dans son sac à dos.

Quatre suspects

Osama Krayem est le principal suspect qui devait participer à la reconstitution. Il devait en effet montrer aux enquêteurs comment il s’est débarrassé des explosifs, après avoir décidé de ne pas commettre d’acte kamikaze, car ces explosifs n’ont toujours pas été retrouvés. Krayem a été arrêté le 8 avril dernier.

Les autres suspects sont impliqués dans la location de la planque. Les deux frères Farisi ont vidé totalement l’appartement après les attentats du 22 mars et enlevé toutes les traces, y compris le sac à dos qui contenait les explosifs.

Arrêté la semaine dernière

Quant au quatrième suspect impliqué dans la reconstitution, il s’agit d’un Belge de 31 ans qui a été arrêté la semaine dernière lors d’une perquisition dans la commune bruxelloise de Schaerbeek. Il avait déjà été appréhendé le jour des attentats, mais avait dû être relâché, par manque de preuves à son encontre.

Ce n’est que par la suite qu’il est apparu que l’homme a participé à la recherche de la planque pour les terroristes, qu’il était en contact avec eux et qu’il s’est rendu plusieurs fois à l’appartement d’Etterbeek.

Malines aurait dû transmettre l’information sur Abdeslam

La police de Malines aurait dû transmettre, à la Banque de données nationale, l'information qu'elle avait reçue d'un de ses agents sur les frères Abdeslam. Le comité P - la « police des polices » - se montre sévère envers la police malinoise, relevant que c'est le minimum que l'on peut attendre d'un fonctionnaire de police.

Pour rappel, fin 2015, un inspecteur en congé maladie de la police malinoise transmettait à son officier traitant une information qu'il a recueillie auprès de sources dans la communauté d'origine marocaine de Molenbeek et selon laquelle le fils de D. M., Abid Aberkane, s'est radicalisé. Or, D. M. habiterait au 79 de la rue des Quatre-Vents, l'endroit où Salah Abdeslam (principal suspect des attentats du 13 novembre à Paris) a été arrêté le 18 mars.

Le "tuyau" comportait une autre information: Aberkane aurait des contacts avec les frères Abdeslam. Un rapport (RIR) est rédigé le 7 décembre mais reste bloqué à la police de Malines. Il ne sera transmis à la Banque Nationale Générale (BNG) - la banque de données de la police - que le 23 mars, au lendemain des attentats de Bruxelles.

Le chef de corps de la police de Malines, Yves Bogaerts (photo), a été mis en cause parce que l'information n'avait pas été transmise en temps utile. A l'époque, les dirigeants de la police malinoise jugeaient l'information peu fiable. Le bourgmestre de Malines, Bart Somers, avait expliqué que le chef de corps, fin décembre, avait donné instruction de qualifier cette information de non fiable dans la banque de données nationale. Or, l'information n'a jamais été communiquée à la BNG.

Bart Somers évoquait alors un collaborateur qui ne se serait pas exécuté. La seule communication faite l'a été en direction du parquet d'Anvers et de la police fédérale d'Anvers. Ce faisant, la police de Malines ne s'est pas conformée aux circulaires ministérielles imposant la transmission de ce genre d'information à la BNG.

"Dans le contexte spécifique de la recherche de Salah Abdeslam, la moindre des choses que l'on peut attendre d'un fonctionnaire de police, lorsqu'il lit une information avec la mention du nom de Salah Abdeslam, est qu'il prenne contact directement avec le magistrat responsable ou l'unité menant l'enquête et ce, indépendamment du fait de savoir si l'information est fiable ou non", indique le rapport du comité P.