Le Tour des Flandres prendra dorénavant son envol à Anvers

La reine des classiques cyclistes flandriennes quitte Bruges, d’où elle a pris son départ pendant 19 ans, pour s’élancer les cinq prochaines éditions du cœur de la métropole anversoise. Le mythique Mur de Grammont, qui avait été retiré de la course depuis 2011, y sera réintroduit. Pour les organisateurs, il était "temps de passer à autre chose", mais "nous quittons Bruges avec le cœur gros" avouait le directeur de la course, Wim Van Herreweghe.

Le départ à Anvers - et donc plus sur la Grand Place de Bruges (Flandre occidentale) - sera suivi d'un passage plat le long d'Herzele et Zottegem en direction d'Audenarde, pour passer une première fois par le Vieux Quaremont. Suivront une série de côtes, juste avant l'ascension du Mur de Grammont, 8e côte du nouveau parcours, à moins de 100km de l'arrivée. Les derniers 75 km resteront inchangés par rapport à l'année dernière. Les derniers kilomètres se joueront donc à nouveau sur le Vieux Quaremont (2e passage), le Paterberg, le Koppenberg, le Steenbeekdries, le Taaienberg, le Kruisberg et une dernière fois le duo Vieux Quaremont - Paterberg.

"Outre sa riche histoire et la nostalgie qu'il inspire, le Tour des Flandres sera plus que jamais l'occasion de mettre en avant l'innovation et de vivre une expérience aussi intense que possible", a justifié Wim Van Herreweghe, organisateur des Flanders Classics.

"De 1913 à 1976, le Tour prenait son départ à Gand, pour ensuite déménager à Saint-Nicolas, en Flandre orientale, de 1977 à 1997. Depuis 1998, Bruges était le port d'attache de la 'Vlaanderens Mooiste', mais après 19 belles années, il est temps de passer à autre chose. Seule une des grandes villes flamandes manquait encore à la liste des départs du plus grand événement sportif du pays: Anvers".

Le départ le 2 avril prochain sera donc effectué d'Anvers avec, pour la première fois depuis 2011, un passage dans le Mur de Grammont (photo). "La course devrait à nouveau se jouer sur le Vieux Quaremont et le Paterberg", estiment les organisateurs. L'arrivée, comme l'an dernier, sera jugée à Audenarde.

Révolution dans le paysage du cyclisme flamand

"Anvers est une ville au rayonnement national et international qui se profile en Belgique comme un haut lieu du cyclisme, et par extension du sport", a encore justifié Wim Van Herreweghe (photo). "Chaque année, des milliers de coureurs se rendent à Anvers pour le 10 Miles, et des cyclistes disputent le Grand Prix de l'Escaut à Schoten. La métropole était même l'hôte d'une des étapes du Tour de France 2015. De plus, en 2020, cela fera 100 ans que la ville a organisé les Jeux olympiques. Anvers mêle une atmosphère branchée à un superbe cadre historique, ce à quoi le Tour des Flandres s'identifie complètement. Le départ sur la Grand-Place convient donc parfaitement pour mettre en valeur cette combinaison unique".

Quitter Bruges est une sorte de révolution dans le paysage du cyclisme flamand. "La collaboration avec l'administration communale et les instances compétentes s'est magnifiquement déroulée ces dernières années. Aussi est-ce avec un pincement au cœur que nous quittons une ville où le Tour s'est toujours senti à la maison", a ajouté le directeur de course rendant "hommage à Bruges". "Une 100e édition mémorable du Tour des Flandres en 2016 est donc la conclusion parfaite à ce chapitre. Nous avons connu 18 merveilleuses années et n'excluons certainement pas une suite à cette histoire à l'avenir".

Tristesse des West-flandriens

Anvers payera 400.000 euros par an, soit le double du montant déboursé par Bruges lors des précédentes éditions, pour accueillir le Tour des Flandres. "Nous nous sommes basés sur le prix du départ d'une étape de plat du Tour de France, qui revient à 360.000 euros", explique Wouter Vandenhaute, l'organisateur des Franders Classics de cyclisme.

Cette décision constitue un revers pour Bruges, qui accueillait le Tour des Flandres depuis 1998. "C'est dommage. Pas seulement pour Bruges, mais pour toute la Flandre occidentale", a déploré le bourgmestre Renaat Landuyt (photo). "Apparemment, Anvers a décroché le contrat pour 400.000 euros. Nous aurions pu nous rapprocher de ce montant, mais il s'agit d'une décision autonome de l'organisateur. Bruges n'a eu aucune chance", a-t-il poursuivi.

L'impact économique et touristique pour la Ville est jugé non négligeable. "En marge du Tour, la ville se transformait en un lieu de fête, avec un événement musical notamment. D'un point de vue économique, nous perdons non seulement les nuitées des équipes professionnelles, mais aussi celles des cyclistes amateurs qui prennent le départ de la course quelques jours avant. Désormais, ce week-end sera libre, mais nous veillerons à le remplir autrement", a affirmé le bourgmestre de Bruges Renaat Landuyt.

De son côté, le bourgmestre d'Anvers Bart De Wever (photo) s'est réjoui de l'arrivée de "la plus belle des Flandres" sur son territoire. "C'est une opportunité incroyable. Avec cet événement, Anvers se positionne en tant que 'la' ville sportive de Flandre", a-t-il estimé, ajoutant que les retombées économiques devraient être importantes.

De nombreux amoureux du cyclisme originaires de Flandre occidentale regrettent aussi amèrement que le Tour des Flandres centenaire se détourne de leur province pour prendre son départ en région anversoise et tracer une grande partie de son parcours en Flandre orientale.