"Depuis 18 mois, je n'ai plus rien à voir avec Optima"

L’ancien ministre socialiste Luc Van den Bossche, mis en cause dans le dossier Optima, affirme à présent ne plus rien à voir avec cette banque, et ne pas avoir récupéré de l’argent alors que ce n’était plus autorisé. Il a fait ces déclarations au quotidien Het Nieuwsblad et publié un communiqué ce dimanche après-midi.

L’ex-ministre Luc Van den Bossche avait été mis en cause après la faillite de la banque Optima. L’ancien ministre socialiste aurait usé de son influence politique pour tenter de sauver Optima. Selon certains, il aurait peut-être agi à la limite de la légalité mais rien n’a été prouvé ?

Selon Luc Van den Bossche, qui réagissait pour la première fois, « rien de tout cela n’est exact. Je n’ai plus rien à voir avec cette banque depuis 18 mois.

Des affirmations qui sont techniquement exactes : en 2011 Luc Van den Bossche quitte Brussels Airport pour devenir CEO et président du comité de direction de la banque Optima, un mandat qu’il abandonnera fin 2014. Luc Van den Bossche remettra ensuite sa démission de président du pôle immobilier Optima Global Estate. Fin 2014, il avait quitté la présidence du comité de direction pour devenir président d'Optima Global Estate.
 

Luc Van den Bossche se défend de toute irrégularité

L'ancien ministre socialiste Luc Van den Bossche s'est défendu dimanche par communiqué de toute irrégularité du comité de direction de la banque Optima à l'époque où il y siégeait

"Il va de soi que j'assume mes responsabilités, qui sont celles du comité de direction dans son ensemble, pour la période pendant laquelle j'ai exercé un mandat pour Optima Bank. Je suis persuadé que, pendant cette période, aucune irrégularité n'a été commise par le comité de direction", déclare-t-il dans un communiqué publié dimanche après-midi.

Concernant les flux financiers qui sont sortis de la banque ces dernières années, Luc Van den Bossche considère que l'"outsourcing" vers la maison-mère d'Optima n'était en rien une forme de dividende déguisée, mais bien le paiement de prestations (marketing, stratégie commerciale et communication) fournies par une maison-mère à sa filiale qui ne disposait pas de l'expertise nécessaire.

Luc Van den Bossche dit avoir proposé au conseil d'administration, début 2014, de mettre fin aux activités bancaires de l'institution et, après règlement, de demander le statut de société d'investissement.
Le règlement a été adopté, les activités de prêt ont cessé et chaque détenteur de compte a été invité à plusieurs reprises à l'automne 2014 à clore ses comptes.

Luc Van den Bossche affirme avoir vécu comme un échec son incapacité à rendre la banque bénéficiaire. Il a quitté Optima le 15 janvier 2015, jugeant que la transformation en société d'investissement nécessitait des compétences techniques qu'il n'avait pas. Il a été remplacé par Danny De Raymaeker, un ancien de la KBC. "Je pensais ainsi avoir rencontré les préoccupations de la Banque nationale d'assurer une présence aussi solide que possible en termes d'expertise et de connaissances bancaires", affirme Luc Van den Bossche.

Après son retrait, le poste de président du conseil d'administration d'Optima Global Estate, la société immobilière du groupe, lui a été proposé. "J'ai accepté ce mandat, malgré qu'il semblait relever du défi très difficile, vu les engagements pris par le passé" par cette société, commente M. Van den Bossche.

La suite du communiqué laisse apparaître des divergences entre ce dernier et la famille Piqueur.

"La semaine dernière, le moment est arrivé où je ne me suis plus vu en état de recevoir le soutien nécessaire pour prendre d'importantes décisions qui m'apparaissaient indispensables pour la société".

"Une démission était pour moi la seule étape logique. Une décision difficile, car je n'ai pas l'habitude de rendre mon mandat avant terme, mais je ne pouvais plus me réconcilier avec cette situation". Luc Van den Bossche dit s'être probablement accroché trop longtemps à la recherche de solutions.

L'ancien ministre SP.A évoque aussi son parti, fortement perturbé par cette affaire. "J'ai choisi, lorsque j'ai quitté la politique à la mi-2003, de le faire de manière très cohérente. Je n'ai donc depuis lors plus assisté à une seule réunion politique du SP.A. Et il va de soi que je n'ai pas non plus utilisé, de quelque manière que ce soit, mon réseau de connaissances pour décrocher quelque avantage que ce soit au bénéfice d'Optima ou de ses actionnaires".

Luc Van den Bossche affirme qu'il collaborera entièrement à l'enquête. "Je suis demandeur d'une clarté totale, dans la plus grande transparence".