Trois mois après le 22 mars, les conséquences économiques des attentats

Les attentats commis le 22 mars dernier à Brussels Airport et à la station de métro Maelbeek,ont causé à côté d'un drame humain des conséquences économiques importantes. Un bilan trois mois après les faits.

Circulation des trains

Les attentats du 22 mars ont eu un gros impact sur la circulation des trains. Les mesures prises sur ordre de police ont provoqué la suppression de 1.239 trains et 2.265 autres ont accumulé 23.067 minutes de retard au total, selon les chiffres de la SNCB.

La circulation des trains dans la gare située sous l’aéroport de Zaventem a pu reprendre le 22 avril, exactement un mois après les attentats. Jusqu’au 8 juin, les voyageurs devaient descendre dans la « vieille » gare, qui se trouve sur la même plate-forme mais dispose d’une entrée différente.

L’horeca et le tourisme toujours en difficulté

Trois mois après les attentats à Bruxelles, l’horeca et le secteur touristique continuent à subir de lourdes pertes. Le tourisme de loisir enregistre une perte de 30 % contre 15 % pour le tourisme professionnel. L’horeca rapporte lui une baisse de 25 à 30 % de son chiffre d’affaires. "Nous avons travaillé dur ces derniers mois, en coulisses, pour lancer plusieurs campagnes publicitaires cet été, notamment sur TripAdvisor", indique Geert Cochez, CEO de visit.brussels.

Retour à la normale à Brussels Airport

Trois mois après les attentats qui ont causé d'importants dégâts dans le hall des départs de Brussels Airport, l'aéroport est prêt à absorber le traditionnel pic de fréquentation estivale.

Le pré-screening se déroule bien, les compagnies aériennes effectuent de nouveau le check-in de leurs passagers à l'intérieur du hall des départs tandis que les bus et les trains sont de nouveau opérationnels.

Les compagnies aériennes peuvent ainsi de nouveau effectuer le check-in de leurs passagers depuis début juin dans le hall des départs. Les structures temporaires mises en place après les attentats ne sont désormais plus nécessaires.

Le taux de fréquentation est également bon. Brussels Airport a ainsi accueilli près de 1,97 million de passagers au mois de mai soit 8,4 pc (ou environ 180.000) de moins par rapport au mois de mai 2015. Mais "le nombre de passagers augmente chaque semaine et les chiffres de la dernière semaine du mois mai se rapprochent presque de ceux de l'an dernier", explique l'aéroport.

Ce dernier table sur 21 à 22 millions de passagers pour l'ensemble de l'année alors qu'il espérait atteindre avant les attentats les 25 millions pour la première fois.

Thomas Cook et Jetair

Ils ont aussi eu un impact sur plus de 70.000 clients et 400 vols de Thomas Cook. Plus de 1.200 transferts ont été organisés entre Bruxelles et l'aéroport de Liège, précise encore le tour-opérateur. Chez Jetair, les attentats ont eu des conséquences sur 105.450 passagers et 754 avions.

Jetair a dû prévoir 1.147 transferts entre Bruxelles et l'aéroport d'Ostende. Le call center de Thomas Cook a par ailleurs enregistré 8.250 appels entrants liés à la situation à Bruxelles et plus de 3.500 conversations via les réseaux sociaux. Selon les tour-opérateurs, les Belges ont également reporté leurs réservations à la suite des attentats.

Les entreprises de gardiennage

Les entreprises privées de gardiennage observent un pic de la demande de surveillance depuis les attentats de Bruxelles du 22 mars et de Paris en novembre 2015. "C'est assez typique mais cela finit toujours par s'estomper", estime Pascal de Roeck, secrétaire général de l'Association professionnelle des entreprises de gardiennage (APEG). La demande est observée surtout au niveau de la protection de magasins et lors d'événements rassemblant un large public.

"Securitas recherche 340 agents supplémentaires", annonçait l'entreprise vendredi. Ce recrutement est directement lié aux "attentats de Bruxelles mais aussi à ceux de Paris et à l'attaque de Charlie Hebdo l'année passée", explique Karl Bolle, directeur des ressources humaines chez Securitas.

G4S, de son côté, a observé une augmentation de 20% de la demande à la suite des attentats de Bruxelles. A l'heure actuelle, une hausse de 10% est encore constatée. "Ces 10% vont, à mon avis, rester", assure Jean-Paul Van Avermaet, directeur de G4S pour la Belgique. L'entreprise n'a pas vraiment engagé mais son personnel a dû effectuer des heures supplémentaires.

"Le recrutement prend du temps. Un agent doit suivre obligatoirement 127 heures de cours et passer un examen avant d'être engagé", précise Pascal de Roeck. Par ailleurs, "nous savons que cela va s'estomper donc il ne faut pas se lancer dans des engagements à l'aveuglette parce qu'on risque de se retrouver avec du personnel dont on n'a plus besoin. Tout est question d'un équilibre à respecter". L'APEG souligne que la situation varie selon ses membres. "Des entreprises comme G4S et Securitas ont un porte-feuille très varié mais nous avons d'autres membres plus spécialisés qui n'observent pas ce pic".

G4S emploie un peu plus de 6.000 personnes en Belgique tandis que Securitas compte 5.500 collaborateurs belges.