Michel veut un nouveau projet pour l’Union, avec ou sans les Britanniques

"Un momentum politique se présente pour l'Europe", a-t-il affirmé à la Chambre devant les parlementaires du comité d'avis fédéral chargé des questions européennes, à la veille du referendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne et à une semaine d'un sommet européen, les 28 et 29 juin, qui sera largement dominé par la décision des Britanniques.

M. Michel a plaidé pour la tenue, que le résultat du vote soit oui ou non, d'un conclave des chefs d'Etat et de gouvernement qui décideraient des mesures pour le renforcement du marché intérieur, pour davantage de coopération en matière de télécommunications, pour une politique migratoire "forte" et pour une sécurité interne et externe.

"Car la perception fait actuellement défaut parmi les citoyens que l'Union européenne a une valeur ajouté. C'est pourtant bien le cas", a-t-il ajouté en substance devant ce comité - qui rassemble de façon paritaire dix sénateurs, dix députés et dix membres belges du Parlement européen.

"Le sentiment - et la réalité - c'est que l'Europe est continuellement en train de gérer des crises, et non l'avenir", a fait valoir le Premier ministre. "Maintenant, il y a un momentum" pour faire plus, a-t-il souligné.

"Priorité aux intérêts belges et européens"

Le chef du gouvernement a aussi évoqué les deux hypothèses, le départ du Royaume-Uni de l'UE ou son maintien. "Si le Royaume-Uni reste, je plaiderai pour l'application intégrale de l'accord" négocié en février dernier par le Premier ministre britannique David Cameron et les autres dirigeants européens renforçant le statut spécial du Royaume-Uni au sein de l'UE. Ni plus, ni moins. Nous veillerons à ce que cet accord ne soit plus élargi, je ne veux pas d'Europe à la carte", a dit M. Michel.

En cas de Brexit, il a expliqué que son attention irait en premier lieu à la protection des intérêts belges et européens. Dans ce cas de figure, il a dit espérer que la Grande-Bretagne annonce le plus rapidement possible sa position de négociations pour un départ de l'UE. "Nous devons tout mettre en oeuvre pour éviter une longue période d'incertitude et d'instabilité", a affirmé M. Michel.

Il a enfin prédit l'émergence d'une autre forme de gouvernance au niveau européen. "Tôt au tard, on devra accepter que l'Europe fonctionne à plusieurs vitesses. Les pays qui veulent coopérer doivent en avoir l'occasion. Il n'est actuellement pas possible d'enregistrer des progrès dans certains domaines", a indiqué le Premier ministre, soulignant que le moment était venu du parler-vrai. Un conclave pourrait, selon lui, donner un coup d'envoi à cette formule.