Amende française pour le groupe belge Umicore

Principal fournisseur de produits en zinc laminé (pour les toitures et gouttières notamment) pour la construction en France, le groupe Umicore s’est vu infliger une amende de 69 millions d’euros pour l’Autorité de la concurrence, pour abus de position dominante. L’entreprise belge conteste la sanction et ira en appel.

Le groupe belge est accusé d'avoir "mis en place entre 1999 et 2007 une politique commerciale contraignant ses distributeurs-revendeurs, parmi lesquels certaines grandes enseignes (Point P, Asturienne, Larivière), à s'approvisionner exclusivement auprès de lui", indique la décision de l’Autorité de la concurrence rendue publique jeudi.

La cotation de l'action Umicore a été suspendue jeudi matin sur Euronext Bruxelles, dans l'attente d'un communiqué de l'entreprise. Dans ce dernier, l’entreprise de production de métaux spécialisée dans le zinc et les produits avancés déclare avoir « pris connaissance de la décision de l'Autorité de la Concurrence française portant sur ses activités de commercialisation de produits de couverture et de produits d'évacuation des eaux pluviales en zinc ainsi que de la sanction dont le montant s'élève à 69.243.000 euros. Un recours en justice sera introduit contre cette décision".

Concrètement, l'Autorité de la Concurrence française reproche à Umicore Building Products France d'avoir imposé une exclusivité d'approvisionnement à certains distributeurs français entre 1999 et 2007 et d'avoir, de la sorte, abusé d'une position dominante. "Umicore conteste catégoriquement avoir imposé ou cherché à imposer une quelconque exclusivité d'approvisionnement et dispose de nombreux éléments étayant sa position. L'étude approfondie du dossier démontre, notamment, que les distributeurs repris dans la notification de griefs disposaient d'un approvisionnement large et varié dont une part importante était issue de concurrents d'Umicore Building Products France", a précisé le groupe.

Selon ce dernier, "les éléments sur lesquels l'Autorité s'appuie pour établir qu'Umicore Building Products France aurait ou aurait eu une position dominante ne reflètent en rien la réalité du marché des matériaux de couverture, dans lequel le zinc se bat chaque jour pour trouver sa place parmi une multitude de produits substituables."

La position de l'Autorité française est "d'autant plus infondée qu'elle est en contradiction avec celle de la Commission Européenne et de l'Autorité de la concurrence allemande qui ont, à plusieurs reprises dans des décisions antérieures, estimé que les produits en zinc ne constituent qu'un sous-segment du marché des matériaux de couverture et ne doivent pas être considérés de façon isolée", a poursuivi Umicore. "Selon ces décisions antérieures, Umicore Building Products France ne dispose en aucun cas d'une position dominante", a ajouté l'entreprise.