Les Diables éliminés en quarts de finale de l'Euro 2016

Comme il y a deux ans au Brésil, les Diables rouges ne sont pas parvenus à atteindre le cap des demi-finales. Au Mondial 2014, les Belges s'étaient inclinés face à l'Argentine. Vendredi soir au Stade Pierre Mauroy de Lille, les joueurs de Marc Wilmots ont été éliminés de l'Euro 2016 par les Gallois, un adversaire qui était en principe à leur portée. Inutile d'ajouter que la désillusion est grande.

La rencontre avait pourtant bien commencé avec une domination des Diables durant le premier quart d'heure et un superbe but de Radja Nainggolan à la 13è. Mais après ce but les Diables ont laissé les Gallois prendre le match en main, ils ont reculé et sont restés sans réactions face aux incursions galloises.

Les joueurs gallois ont montré beaucoup plus de caractère et ont égalisé à la demi-heure de jeu par leur capitaine Ashley Williams. En seconde mi-temps le coach Marc Wilmots a remplacé Yannick Carrasco par Marouane Fellaini. Puis à la 75è Jordan Lukaku par Driss Mertens et enfin à la 83è Romalu Lukaku par Michy Batshuay mais rien n’y fit.

A la 55è Hal Robson-Kanu trompait lé defense belge et donnait l'avantage à son équipe 2-1, puis à 5 minutes du terme Sam Vokes achevait les Diables sur un contre et offrait la qualification au Pays de Galles.

Comme on s’y attendait la défense belge peu expérimentée a commis des erreurs et même en attaque aucun joueur ne s’est véritablement distingué, Hazard et Fellaini manquant deux belles occasions.

Du côté des Diables et des nombreux supporters belges présents à Lille c’était bien sûr la désillusion après le rêve. Beaucoup en effet espéraient déjà voir les Belges atteindre les demi-finales voire la finale dans une semaine à Paris.

L’absence de Vertongen et Vermaelen pointée du doigt

"Nous ne pouvons pas mettre cela sur les blessures, mais cela devient évidemment difficile si vous devez beaucoup et souvent changer vos arrières", soupirait Toby Alderweireld à l'issue de la rencontre.

"Nous ne nous attendions naturellement pas à cela. Je suis très déçu et j'ai du mal à exprimer cela avec des mots. L'ambiance dans le vestiaire après le match était évidemment mauvaise, nous avions une vraie chance d'aller loin dans ce tournoi", a expliqué le défenseur de Tottenham.

Par rapport au succès enregistré au stade précédent de la compétition contre la Hongrie, Thomas Vermaelen, suspendu, et Jan Vertonghen, blessé, manquaient dans l'arrière-garde belge. Cela a généré quelques problèmes de stabilité, principalement sur phase arrêtée. "Nous savions ce que nous devions faire. Il se passe toujours beaucoup de choses dans la surface de réparation et vous ne pouvez pas faire de reproches à la jeune garde. C'est très compliqué de devoir ainsi prendre place dans un tel match. C'est facile de faire des critiques, mais nous devons regarder en tant qu'équipe ce que nous pouvons améliorer."

Courtois : "La même tactique et les mêmes problèmes que contre l'Italie"

C’est le gardien des Diables Thibaut Courtois qui s'est montré le plus dur dans son analyse. "Cette déception est pire que celle que j'ai connue après ma défaite en finale de la Ligue des champions". Pour expliquer l'échec, le gardien a aussi pointé la tactique, visant indirectement Marc Wilmots. "C'était la même que contre l'Italie (0-2, ndlr) et on a connu les mêmes problèmes".

Après la défaite face à l'Italie lors du premier match de groupe, Courtois avait déjà critiqué l'approche tactique des Diables rouges. Cette fois, le gardien n'a pas voulu mettre le doigt sur la plaie: "J'ai donné mon avis en interne. Je ne veux pas tout jeter en l'air. En deuxième mi-temps, nous avons tenté de régler les problèmes que nous posaient les Gallois mais sans succès. Nous n'avons pas été capables de leur répondre comme il convenait", a expliqué Courtois, qui faisait allusion à la montée au jeu de Fellaini à la place de Carrasco à la mi-temps.

Courtois regrette aussi fortement d'avoir loupé une aussi belle occasion d'atteindre la finale. "Nous avions une chance unique d'aller très loin dans ce tournoi. Le Portugal est une équipe que nous pouvons contrer. Mais le Pays de Galles a joué en bloc et a même eu plus d'occasions que nous. Nous sommes éliminés par des gars avec moins de qualités", a conclu Courtois.

A la question de savoir si Wilmots devait démissionner? "C'est à lui de décider", a sèchement répondu le gardien.

De Bruyne : "On doit évoluer dans notre jeu"

Kevin De Bruyne posait le même constat que ses coéquipiers après le quart de finale de l'Euro 2016 perdu par la Belgique face au pays de Galles (3-1) vendredi à Lille: les Diables ont bien débuté avec le ballon avant de reculer dans le jeu.

"On a bien commencé la rencontre avant de reculer. C'était difficile de récupérer le ballon avec trois joueurs gallois au milieu de terrain. En 2e mi-temps, on a été naïf et le pays de Galles a marqué au bon moment. C'est dommage. On n'a pas fait le meilleur tournoi, c'est la vérité. On doit évoluer dans notre jeu et essayer de faire ça jusqu'au prochain Mondial (en 2018 en Russie). Il faut voir comment on peut progresser et évoluer en équipe."

Le coach n’a aucun problème avec les critiques de Courtois

Marc Wilmots n'a aucun problème avec les critiques formulées par Thibaut Courtois à l'issue de l'élimination des Diables rouges face au pays de Galles vendredi en quart de finale de l'Euro 2016.

"Je n'ai aucun problème avec ce qu'il a dit, mais je ne suis pas d'accord avec sa critique et je le lui ai dit", a réagi Marc Wilmots lors de la conférence de presse après le match. "Il n'y avait effectivement pas assez d'automatismes et l'on a trop peu communiqué. Je comprends la déception de Courtois, il rêvait de devenir champion d'Europe. En tant que gardien, tu vois tout ce qu'il se passe devant toi et tu vois où le bât blesse."

L'élimination des Diables laisse à Wilmots un goût amer. "Nous jouons un bon tournoi, mais nous avons commis trop de fautes aujourd'hui pour passer. De plus, le pays de Galles est aussi une très bonne équipe. Notre tournoi n'a pas été mauvais, mais nous aurions pu faire mieux."

Hazard : "On est tous derrière Marc Wilmots"

Le retour à Lille d'Eden Hazard n'a pas donné lieu à la fête espérée. Le capitaine des Diables quitte la cité nordiste sur une élimination en quarts de finale de l'Euro 2016. C'est la seconde élimination d'affilée dans un grand tournoi pour les Diables Rouges, qui avaient été sortis par l'Argentine en quarts de finale du Mondial 2014.

"Chaque défaite est toujours difficile à avaler, mais ça fait partie du football, il y a des choses plus graves", déclare Eden Hazard. "Je trouve qu'aujourd'hui, on a mieux joué que contre l'Argentine. A l'époque, on était timoré, on n'osait pas jouer. On avait des regrets parce qu'on n'avait pas tout essayé. Aujourd'hui, on a fait 20 très bonnes premières minutes.

On marque un super but. Après, tout d'un coup on a reculé, et on s'est retrouvé mené. Sur la fin, on a poussé, on s'est créé des occasions mais on ne les a pas mises au fond. Eux ont marqué et le match était plié. On est tous déçus, surtout qu'il y avait tous les fans et que le pays était derrière nous. Au niveau de la qualité, on est meilleur que cette équipe du pays de Galles mais ils ont peut-être joué avec plus de courage et plus d'envie et c'est ce qui a fait la différence. Ils avaient aussi plus d'expérience."

Le joueur formé au LOSC ne dresse pas un bilan totalement négatif de l'Euro. "On a fait trois bons matches contre l'Irlande, la Suède et la Hongrie. On va continuer à travailler ensemble avec cette génération, parce qu'on prend du plaisir à jouer ensemble. On va essayer de faire des choses ensemble. Dans deux ans il y a la Coupe du monde, après en 2020 il y aura un Euro, après un Mondial en 2022..."

Reste à voir si cet avenir se fera avec Marc Wilmots. "On est tous derrière lui. Il a beaucoup été critiqué, mais je pense que tous les 23 joueurs du groupe sont derrière lui", dit Hazard. "On a grandi avec lui depuis quelques années, on a eu des super bons moments avec lui. Aujoud'hui, c'est une déception mais on espère tous qu'il va continuer. C'est lui qui prendra sa décision. On la respectera, mais s'il continue, tant mieux".

 

2016 Getty Images