"Ce n'est pas un vocabulaire pour un ministre-président"

Les propos du ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) évoquant dimanche un crachat flamand sur les grèves plus nombreuses au sud du pays étaient sur toutes les lèvres des responsables politiques, lundi à l'hôtel de Ville de Bruxelles, peu avant la cérémonie officielle de la Fête de la Communauté flamande.

"Ce n'est pas un vocabulaire pour un ministre-président, les caricatures n'ont jamais apporté de solution", a commenté le Premier ministre Charles Michel (MR).

Sur le fond du discours de M. Bourgeois, qui a appelé à ouvrir la Constitution à révision pour l'après 2019, M. Michel a assuré qu'il "veillait", en tant que Premier ministre, à ce qu'il n'y ait "pas de relance de réforme institutionnelle avant 2019, avant que les citoyens se soient prononcés dans le cadre des élections".

Il a en revanche dit comprendre qu'il existe des réflexions, "dans les partis francophones comme flamands", sur l'avenir institutionnel.

L’Open VLD reste discret

Au contraire du CD&V qui avait pris ses distances dès dimanche sur les propos de M. Bourgeois, l'autre partenaire de l'exécutif flamand, l'Open VLD, était resté relativement silencieux.

Le vice-Premier ministre Open VLD du gouvernement fédéral, Alexander De Croo, a toutefois affirmé lundi que la Fête flamande était celle de "tous les Flamands, une occasion de réfléchir à l'avenir de la Flandre ouverte sur le monde".

"Essayer de polariser les uns contre les autres ne rentre absolument pas dans cette perspective, mais bon, chacun choisit sa manière de remplir sa fonction".

"Il n'a pas voulu dire cela"

Le président du parlement flamand Jan Peumans (N-VA), qui devait prononcer son discours officiel à l'occasion de la Fête flamande, a affirmé que les propos de Geert Bourgeois avaient été retirés de leur contexte. "Honnêtement, je dois dire que je suis quand même un petit peu choqué. Mais Geert Bourgeois a reconnu qu'il n'avait pas voulu dire cela. C'était clairement une figure de style. Il aurait mieux fait de ne pas dire cela, mais il avait aussi clairement retracé le contexte. Ses propos ont été retirés du contexte".

"Je crois qu'on a assez parlé de cette petite phrase", a encore martelé Geert Bourgeois, peu avant le début de la cérémonie officielle de la Fête de la Communauté flamande, à l'Hôtel de Ville de Bruxelles.

Il maintient qu'il existe selon lui une grande différence entre la manière dont les Flamands et les Wallons ont réagi face aux grèves. Mais il retourne le sentiment selon lequel son vocabulaire serait provocateur. "La provocation vient des grévistes sauvages, pas de moi", a-t-il commenté.