Bourgeois sous le feu des critiques après avoir "craché" sur les francophones

Les critiques ont fusé après les propos tenus hier par le ministre-président flamand lors d’une interview donnée à VTM dans le cadre de la Fête de la Communauté flamande. Pour le CD&V, partenaire de la N-VA dans la coalition flamande, Geert Bourgeois parlait en son nom propre. Un député chrétien-démocrate évoque même "un registre de langage qui fait penser à celui de Trump ou Farage". Aux yeux du principal concerné, qui s’exprimait à la VRT, "on se fixe sur un seul petit mot pour noyer le message".

Lors de l’interview, Geert Bourgeois a notamment déclaré que la frontière linguistique était devenue "une frontière de la grève", et que "les Flamands crachent sur cela", défendant le fait que les citoyens du nord du pays "n'acceptent pas de ne pas pouvoir aller travailler et de ne pas avoir de liberté de circuler".

Ses propos ont rapidement suscité l’indignation de plusieurs partis flamand, dont le CD&V, son principal partenaire de coalition au sein du gouvernement flamand.

"Au CD&V, on ne crache pas sur les gens"

Le vice-présidente CD&V du gouvernement flamand, Hilde Crevits, s'est distanciée des propos de son chef de gouvernement, affirmant qu'il les a tenus en son nom propre et non en celui de l'exécutif.

"Au CD&V, nous ne crachons pas sur les gens, même si nous ne sommes pas d'accord avec certains choix qui ont été faits de l'autre côté de la frontière linguistique", a-t-elle déclaré. Elle a dit en revanche partager certaines des préoccupations de Geert Bourgeois, par exemple sur les quotas de numéros Inami pour les médecins.

"Un registre qui fait penser à celui de Trump ou Farage"

"C'est dommage que le ministre-président, à l'occasion de la Fête flamande, envoie au monde une commentaire sur le crachat, au lieu de parler de la Flandre en tant qu'entité fédérée sûre d'elle-même", a affirmé de son côté, le député flamand Robrecht Bothuyne (CD&V).

"Un ministre-président qui parle de cracher sur l'autre, lors de notre fête flamande. Où est la conscience flamande respectueuse? #pasenmonnom #respect", a twitté M. Bothuyne. A ses yeux, "ce n'est pas là le registre de langage que l'on attend d'un ministre-président, cela fait plutôt penser à celui de Donald Trump ou de Nigel Farage".

"Un ministre-président de plus en plus triste"

Pour le président du SP.A, John Crombez, Geert Bourgeois "prend doucement la mauvaise habitude de communiquer sur le 11 juillet à l'encontre des gens, au lieu de le faire à l'avantage des Flamands, il devient un ministre-président de plus en plus triste".

"Au lieu de dire des choses positives sur les Flamands à l'occasion de la Fête flamande, il a choisi de parler négativement des autres, je le déplore", a ajouté le président des socialistes flamands.

"Bourgeois tombe dans le nationaliste de l’injure"

Les écologistes flamands de Groen ont également dénoncé les propos du ministre-président. Le chef de groupe Groen au parlement flamand, Björn Rzoska, a jugé sur Twitter que Geert Bourgeois tombait dans le "nationalisme de l'injure". "Le 'nous-eux' est de retour", a-t-il ajouté.

La présidente des Verts flamands, Meyrem Almaci, a quant à elle jugé ces propos "simplement grossiers, polarisants" et relevant d'un ministre-président "indigne", qui ne cherche qu'à "détourner l'attention de sa propre politique catastrophique.

Geert Bourgeois se défend et estime qu’on veut noyer son message

"C'est ridicule de penser que je pourrais cracher sur des gens, que mon parti pourrait cracher sur des gens", a réagi Geert Bourgeois sur la VRT, cherchant à corriger l'émotion née de ses propos.

"Ce n'était pas un propos contre les francophones", a assuré le mandataire N-VA. Selon lui, l'objectif était surtout d'utiliser une image pour pointer du doigt l'état de la situation concernant les grèves. "Les Flamands veulent aller de l'avant et travailler. Ça tourne mieux en Flandre. C'était cela mon message. Mais on se fixe sur un seul petit mot pour noyer le message principal", a-t-il ajouté.