Refédéralisation de certaines compétences? Pour la N-VA, c'est niet!

Le chef de file de l'Open Vld au gouvernement fédéral Alexander De Croo a plaidé mercredi dans L'Echo pour une refédéralisation de certaines compétences comme la mobilité, le commerce extérieur, la politique climatique ou la sécurité, au nom d'une meilleure efficacité. Du côté de la N-VA, partenaire de gouvernement des libéraux flamands tant au Fédéral qu'en Flandre, la proposition a été - sans surprise - balayée d'un revers de main.
Reporters

La refédéralisation de certaines compétences est un thème récurrent ces derniers mois chez les élus et mandataires Open Vld. "L'objectif premier, cela doit être l'efficacité. Il faut rendre la vie du citoyen et de nos entreprises plus simple, pas plus compliquée", a indiqué mercredi Alexander De Croo dans L'Echo.

Dans la foulée, les députés Tim Vandenput (Open Vld) et Christophe Dister (MR), respectivement bourgmestres de Hoeilaart et de La Hulpe, ont annoncé qu'ils lanceraient un plan BE fin août, pour plus de Belgique, une démarche qu’ils ont présenté dans les quotidiens De Standaard et Le Soir.

Selon Tim Vandenput, "le plan A, c'était le démantèlement de l'Etat fédéral, il a atteint ses limites. Il est temps de passer au Plan BE". La démarche des élus est personnelle: ils souhaitent provoquer le débat en politique ainsi qu'au sein de leur parti.

Chez les libéraux, francophones et flamands, tout le monde n’est en effet pas d’accord avec cette idée. Le vice-ministre-président flamand Bart Tommelein (Open Vld) a réagi froidement au plaidoyer de Tim Vandenput. "Ce n'est pas un point de vue officiel du parti et il n'est pas prévu de tout refédéraliser à nouveau", a-t-il souligné dans De Ochtend sur Radio 1 (VRT).

De son côté, le MR a également fait savoir qu’il n’était pas demandeur d’une 7e réforme de l’Etat. le parti libéral francophone a souligné que l'institutionnel avait été mis de côté jusqu'en 2019 et que le député libéral Christophe Dister "s'est exprimé à titre personnel".

"Une proposition auto-destructrice"

Sans grande surprise, la N-VA, partenaire de gouvernement des libéraux flamands tant au Fédéral qu'en Flandre, a balayé d’un revers de main l’idée lancée par Alexander De Croo.

Pour le ministre flamand de la Mobilité Ben Weyts (N-VA), la politique de la mobilité serait mieux exercée si elle était détenue par une seule main, mais cette main doit être celle de la Flandre. "Peut-être le ministre De Croo juge-t-il que la SNCB est un exemple de politique de la mobilité efficace?", a-t-il réagi.

Le député flamand Karl Valouwe (N-VA) est lui monté au créneau pour s'opposer à une refédéralisation du Commerce extérieur. "C'est une proposition auto-destructrice. La Flandre s'en sort merveilleusement en la matière. Elle représente 83% des exportations belges. L'agence Flanders Investment and Trade (FIT) prouve par défaut qu'avoir sa propre politique est payant."

Pour Karl Vanlouwe, la proposition de M. De Croo est peut-être inspirée par la mauvaise volonté francophone à conclure un nouvel accord de coopération en matière de Commerce extérieur, qui soit adapté à la nouvelle structure de la Belgique. "Celui qui plaide pour une refédéralisation s'égare. Plus encore, M. De Croo ternit la compétitivité de nos entreprises flamandes au nom de la mauvaise volonté francophone, comprenne qui pourra", ajoute-t-il.

"Nous avons d’autres chats à fouetter"

Pour le CD&V aussi, la proposition de refédéraliser certaines compétences n’est pas une bonne idée. "Certains semblent oublier pourquoi nous avons réformé l’Etat. C’était justement pour se débarrasser des blocages", a réagi le chef de groupe à la Chambre, Servais Verherstraeten. Selon lui, il est illusoire de croire qu’après une refédéralisation, les ministres flamands et francophones ne vont pas tenir compte des sensibilités de leurs régions respectives.

Pour les chrétiens-démocrates, le débat n’est pas à l’ordre du jour. "Nous avons d’autres chats à fouetter", souligne Servais Verherstraeten, qui évoque notamment le secteur économique, l’exercice budgétaire et la sécurité. "Nous sommes en outre encore occupés à construire le sixième étage", a-t-il indiqué, faisant référence à la dernière réforme de l’Etat.

De son côté, le SP.A a indiqué qu'il n'était pas question de rentrer dans le petit jeu communautaire de l'Open VLD et de la N-VA. Selon le parti d'opposition, il ne s'agit que d'un "écran de fumée" pour dissimuler leur propre échec. "Les exemples se suffisent à eux-mêmes. Tous les partis flamands sont pour un permis à points mais ça bloque. Quant au budget de la mobilité, aucune étape n'a été franchie", a souligné le chef de groupe Joris Vandenbroucke. Les socialistes flamands ne sont pas, en soi, défavorable à une refédéralisation de certaines compétences mais la question "n'est aujourd'hui pas à l'ordre du jour", a conclu Joris Vandenbroucke.
 

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