L’étudiant au comportement jugé suspect a été libéré

L'étudiant à l'origine de l'importante opération policière à la place de la Monnaie à Bruxelles mercredi après-midi a été libéré dans la soirée après son audition par la police d'Ixelles.

"Durant plusieurs heures il n'était pas clair si le suspect était oui ou non, en possession d'explosifs", indique le parquet. "Cette enquête a duré plusieurs heures, mais pour les raisons connues, aucun risque n'a été pris. Finalement il s'est avéré qu'il s'agissait du matériel technique, utilisé dans le cadre des études de l'étudiant", conclut le parquet. Le jeune homme n'était pas connu de la justice.

Mercredi après-midi, place de la Monnaie à Bruxelles, une importante opération policière a été menée, impliquant les unités spéciales de la police fédérale et le service de déminage de l'armée.

L'individu au "comportement suspect" à l'origine de ce déploiement était en fait un étudiant iranien de l'université de Gand (UGent) menant des recherches sur les radiations en ville et à la campagne.

Il était pour cela muni d'un prototype d'instrument de mesure sous forme de veste dotée de câbles et batteries.

"Ce qui en ce moment a été considéré comme suspect", a commenté l'université qui souligne en outre que la barrière de la langue a donné lieu à un quiproquo. L’étudiant ne parle en effet ni le français ni le néerlandais.

L'université de Gand précise enfin ne pas blâmer l'étudiant en question mais annonce qu'elle évaluera l'incident afin d'en tirer toutes les leçons.

Fausse alerte

"Etant donné que la personne s'est montrée très passive et très suspecte pendant l'opération, la zone de police a décidé de se porter partie civile pour récupérer les frais engendrés par l'opération", a déclaré mercredi le porte-parole de la zone de police Bruxelles-Capitale Ixelles, Christian De Coninck.

La police avait reçu un appel vers 12h50 lui signalant la présence d'un individu au comportement suspect aux alentours de la place de la Monnaie. Cette personne se promenait dans le quartier, vêtu d'un long manteau d'hiver, alors que les températures avoisinait les 30 degrés. C'est un vigile, alerté par des commerçants, qui a appelé les forces de l'ordre, ont indiqué des témoins.

Une patrouille de police est alors arrivée à hauteur du jeune homme. Remarquant des fils sous le manteau de l'individu, les policiers ont décidé de reculer et de faire évacuer le quartier, ont ajouté ces témoins. Un périmètre de sécurité a rapidement été établi.

Vu le comportement suspect de l'individu, il a été décidé de faire appel aux unités spéciales de la police fédérale ainsi qu'au Service d'Enlèvement et de Destruction d'Engins Explosifs (SEDEE), a indiqué Christian De Coninck. Vers 14h30, l'individu était "sous contrôle", encerclé par les forces de l'ordre à hauteur de la rue de la Fourche, mais pas encore interpellé. Le service de déminage est alors passé à l'action.

"Il est alors apparu que, lorsque le robot se dirigeait vers la personne suspecte, celui-ci constatait des "faits troublants", selon Christian De Coninck. La possibilité d'être en présence d'explosifs était grande. "Nous avons alors décidé de monter en grade" en vue de procéder à un déminage.