Des universités gèlent leurs échanges avec la Turquie

Les recteurs de l’Université Catholique de Louvain (KU Leuven) et de l’Université de Hasselt vont se concerter "à court terme" sur leurs relations avec les universités turques. A la suite du coup d’Etat avorté en Turquie, le régime d’Erdogan a arrêté et forcé à la démission des milliers de recteurs, doyens et professeurs d’universités. Les universités de Louvain et Hasselt estiment donc qu’il n’est actuellement plus opportun de poursuivre les échanges Erasmus avec des universités turques.

Dans un communiqué du Conseil interuniversitaire flamand (VLIR), les recteurs de la KU Leuven et de l’Université de Hasselt expriment leur "grande préoccupation" face aux récentes évolutions en Turquie. "La démission imposée à plus de 1.500 doyens d’universités publiques et privées, le licenciement de plus de 15.000 professeurs sont des mesures inacceptables dans une société démocratique et ouverte".

Les deux universités veulent maintenant se concerter "à court terme" sur leurs relations futures avec les universités turques. Une échéance concrète n’a pas été citée.

La KU Leuven n’a cependant pas attendu cette concertation pour mettre un terme, à durée indéterminée, aux échanges d’étudiants avec la Turquie. Le recteur Rik Torfs (photo) estime en effet que la sécurité des étudiants est primordiale. Il souligne cependant que la coopération n’est pas définitivement suspendue.

"Cette coopération demeure. Nous n’allons pas laisser tomber des individus avec lesquels nous collaborons depuis des années ou des décennies", précise le recteur Torfs. "Certainement pas dans les circonstances actuelles difficiles, avec un régime autoritaire. Il est important justement que nous maintenions nos contacts, mais sans prendre de risques pour nos étudiants".

Hasselt suspend aussi ses échanges

L’Université de Hasselt (province du Limbourg) suspend également temporairement les échanges d’étudiants avec des universités turques.

"Nous sommes très inquiets à propos de la situation dans les universités turques. Quand on voit que des professeurs y sont arrêtés en masse, que des doyens y sont forcés à donner leur démission ou sont licenciés. Nous ne voyons pas comment nous pourrions encore effectuer des échanges normaux d’étudiants avec des institutions où ce type de mesures sont prises à l’encontre de professeurs et doyens", expliquait le recteur Luc De Schepper.

L’Université de Hasselt envoie normalement une vingtaine d’étudiants en Turquie, alors qu’une vingtaine d’étudiants turcs sont accueillis à Hasselt.