Le gouvernement Michel évalue sa politique de deux ans

Les membres du gouvernement fédéral se sont retrouvés ce samedi au château de Val-Duchesse, à Bruxelles, pour faire le point sur l’action qu’ils ont menée depuis leur entrée en fonction, en octobre 2014, et sur les trois ans de législature qu’il leur reste à parcourir. Avant de partir en vacances. Plusieurs experts devaient également se joindre aux ministres, comme le gouverneur de la Banque Nationale de Belgique, Jan Smets.

A son arrivée, le Premier ministre Charles Michel a répété devant les caméras la condamnation par son gouvernement de l'attaque armée perpétrée à Munich (photo), vendredi soir, par un jeune homme de 18 ans qui s’est ensuite donné la mort.

Aucune réunion du Conseil national de sécurité n'est prévue pour le moment. Les dirigeants des services de sécurité sont néanmoins attendus dans l'après-midi pour faire le point sur les politiques menées en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme, l'un des grands défis de l'exécutif fédéral.

Interrogé vendredi soir, le ministre de l'Intérieur Jan Jambon avait indiqué qu'il n'y a aucun lien entre l'attaque qui a eu lieu en Allemagne et la Belgique. Le niveau de menace fixé à 3 par l'Organe de Coordination de l'Analyse de la Menace (OCAM) reste d'actualité.

Au cours de leur journée de bilan, avant leur départ en vacances, les ministres devaient aborder avant tout trois grands thèmes : la politique socio-économique et la création de nouveaux emplois, la politique de sécurité, et les engagements européens et internationaux de la Belgique. Des experts de la Banque Nationale de Belgique et du Bureau du Plan prennent part à la journée de séminaire.

Une conférence de presse devrait clôturer la journée, pour dresser le bilan de deux années de législature et tracer les grandes lignes des trois années qu’il reste à l’équipe Michel à parcourir. Il ne devrait cependant pas être question du déficit budgétaire de 2,4 milliards d’euros du gouvernement. C’est un exercice auquel la N-VA, le MR, le CD&V et Open VLD se livreront dès la seconde moitié du mois d’août.

Le gouverneur de la BNB rassure le gouvernement

Jan Smets (photo archives), le gouverneur de la Banque Nationale de Belgique (BNB), s'est montré rassurant ce samedi devant le gouvernement réuni à Val-Duchesse. Les marchés financiers ont correctement absorbé le premier choc du Brexit, les prévisions de croissance restent "plausibles", mais il faudra prendre garde à l'inflation.

"Les prévisions de la Banque nationale restent plausibles. Il n'y a certainement aucune raison de paniquer, l'économie ne s'écroule pas", a-t-il expliqué après son entrevue. La BNB prévoit pour cette année une croissance d'1,3% et de respectivement 1,5% et 1,6% les deux années qui viennent. Entre 2016 et 2018, quelque 140.000 emplois supplémentaires devraient être créés. Si le Brexit n'a pas d'effet notable à court terme, il conviendra d'être attentif à moyen terme aux résultats des négociations qui s'engageront avec la Grande Bretagne, à la relation commerciale qui s'établira avec les Britanniques et aux conséquences éventuellement d'un ralentissement de la croissance outre-Manche.

En matière de compétitivité, Jan Smets a adressé un avertissement au gouvernement. Le "tax shift" et d'autres mesures prises ont incontestablement un effet sur la position concurrentielle de la Belgique, mais ont aussi stimulé l'inflation de manière plus aigüe que dans les pays voisins. Si le phénomène demeure temporaire, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. "Mais il faut quand même prendre garde à ce que cette inflation plus importante ne persiste pas", a expliqué le gouverneur. L'Observatoire des prix tiendra la situation à l'œil.

Jan Smets a également appelé le gouvernement à ne pas se concentrer uniquement sur les coûts du travail. Les réglementations, l'entrepreneuriat, la recherche et le développement sont également des facteurs dont il faut tenir compte, de même que les réformes du marché du travail, la formation et l'activation. Le gouverneur de la BNB n'a pas voulu se prononcer sur les travaux budgétaires qui attendent le gouvernement à la rentrée. Il voit toutefois d'un bon œil une stimulation des investissements dans les infrastructures.

"L'ensemble de la zone euro fait face à un déficit d'investissement. S'y attaquer est une intention louable, mais en respectant les objectifs budgétaires".