Tabac et alcool : des jeunes contrôleront 'undercover'?

Le ministère de la Santé Publique est en train de recruter douze jeunes de moins de 26 ans, dont la mission sera de contrôler le respect des législations sur la consommation de tabac et d’alcool dans les établissements Horeca et les lieux de sortie réservés au jeune public. Les jeunes sélectionnés ne devraient pas se faire reconnaître comme contrôleurs. Le service public fédéral Santé publique a confirmé l’information publiée par le groupe Sudpresse.
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Après sélection, ces douze jeunes seront engagés dans le courant des mois de septembre ou octobre. Leur mission: contrôler si l'on ne fume pas à l'intérieur de lieux de fêtes ou de discothèques, et si l'on ne sert pas d'alcool aux jeunes de moins de 16 ans, a indiqué le porte-parole du SPF Santé Publique Jan Eyckmans.

Ces contrôles pourront aussi être effectués par les jeunes sélectionnés dans des supermarchés ou des stations-service. "L'idée est de mieux cibler les contrôles. On sait que les jeunes sont particulièrement exposés."

"Cette année, nous avons par exemple ciblé les carnavals", explique le porte-parole. "Nous avions des soupçons de non-respect de la législation lors de ces événements. Nos contrôles se sont révélés positifs. A présent, nous comptons de la même manière renforcer notre présence ciblée sur les événements pour jeunes, où nos soupçons sont similaires. Nous comptons par exemple contrôler de petits événements, annoncés parfois uniquement via une page Facebook ou quelques flyers. Les nouveaux contrôleurs que nous engagerons devront d'ailleurs posséder de grandes capacités de recherche, et également être flexibles. Il s'agira de travailler les soirs et les week-ends."

Ces jeunes seront engagés sous contrat Rosetta, la convention de premier emploi établie à l'attention des moins de 26 ans. Des engagements définitifs sont possibles une fois cet âge dépassé, assure encore la Santé Publique.

L’Unizo mitigé

L’Union des entrepreneurs indépendants (Unizo) ne critique pas la législation en vigueur, mais n’est pas forcément en faveur de l’engagement de jeunes contrôleurs.

"La plupart de nos membres respectent la législation. Nous ne sommes pas d’accord que l’on encourage des jeunes à dénoncer des commençants. A cela s’ajoute le fait qu’il est souvent difficile d’évaluer l’âge d’un jeune" (pour lui vendre ou non de l’alcool), "qu’il y a souvent beaucoup de monde dans un établissement et que le personnel peut alors être un peu moins attentif", expliquait-on à l’Unizo.