Une plainte contre une page Facebook pour propos racistes

Unia, l’ancien Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, a ouvert un dossier relatif aux propos haineux échangés sur les réseaux sociaux ces derniers jours après le décès d’un adolescent de 15 ans de Genk (Limbourg) d’origine marocaine. Les propos sont stimulés par la page Facebook tenue par la Vlaamse Verdedigings Liga (photo). En avril 2015, Unia avait déjà porté plainte contre cette "Ligue de défense flamande".

Le centre interfédéral de lutte contre la discrimination et de promotion de l’égalité des chances, Unia, a reçu plusieurs signalements de propos qu'il qualifie d'"abjects" et qui sont stimulés par une page Facebook coutumière des dérapages à caractère raciste et tenue par la "Vlaamse Verdedigings Liga" (groupe d'extrême-droite créé en 2012).

Le centre a d'ailleurs déjà déposé plainte contre cette "Ligue de défense flamande" en avril 2015 pour des faits similaires et transmettra ce nouveau dossier au parquet pour la compléter.

"Nous sommes bien entendu choqués par la teneur de ces commentaires, mais nous ne sommes malheureusement plus étonnés. De plus en plus, on peut lire de tels propos influencés par l'actualité, en particulier vis-à-vis de la communauté musulmane", a expliqué le directeur, Patrick Charlier.

Ce mercredi, le ministère public d'Anvers indiquait que l'enquête ouverte par le parquet de la métropole à propos de la page Facebook de la "Vlaamse Verdedigings Liga" est maintenant close et donnera lieu à des poursuites. Le ministère public doit encore déterminer précisément les préventions et l'identité des personnes citées à comparaître. Les faits ne seront donc pas classés sans suite.

Unia s'est dit satisfait. "C'est un bon signal du parquet. En envoyant devant la justice les responsables d'une telle page, une attention plus soutenue sera portée à ce phénomène et c'est nécessaire", a expliqué le porte-parole du centre interfédéral.

En 2015, Unia a reçu 654 signalement de faits impliquant des médias, qui ont donné lieu à l'ouverture de 365 dossiers. Quelque 92% de ces dossiers concernaient des messages de haine sur Internet.

Unia invite les citoyens à réagir également eux-mêmes face à de tels propos. "Heureusement beaucoup des gens ont déjà réagi et montré leur indignation", constate le Centre interfédéral. Les citoyens peuvent également saisir les systèmes de modération ou de contrôle de ces médias et adresser un signalement à Unia.