La visite des souverains belges dans une favela de Rio annulée

A l’occasion de leur visite à Rio de Janeiro, pour soutenir la centaine sportifs belges qui participent aux Jeux Olympiques - qui débutent ce vendredi soir -, le roi Philippe et la reine Mathilde (photo) devaient se rendre dans un des bidonvilles pour y découvrir un projet destiné aux enfants de la rue. Le gouvernement brésilien a annulé la visite in extremis, la jugeant trop dangereuse. Le couple royal se rendra au musée à la place.

Les souverains belges devaient donc rendre visite à un projet pour les enfants de la rue dans une favela de Rio de Janeiro, ce vendredi. Mais jeudi soir (heure locale), les autorités brésiliennes annonçaient que la visite était remplacée par un passage au Musée d’arts modernes, situé non loin de Copa Cabana.

"Il y a apparemment eu des concertations au plus haut niveau politique au Brésil. C’est le gouvernement intérim qui a non seulement déconseillé la visite dans cette favela, mais qui l’a aussi fermement interdite. Ce n’est donc pas la Belgique qui a pris la décision. Le roi et la reine avaient envie de visiter ce projet", expliquait ce vendredi le journaliste de la VRT Xavier Taverne, depuis Rio de Janeiro.

Les 28e Jeux Olympiques débutent ce vendredi soir au Brésil. Sur place, la situation est tendue. "Le fait que Philippe et Mathilde ne puissent visiter la favela prouve que le Brésil ne veut rien laisser au hasard", estime Xavier Taverne. "Nous nous sommes rendus la semaine dernière dans cette favela et nous ne nous y sommes pas sentis en danger. Mais personne ne veut prendre de risques, et la visite du roi et de la reine passera donc par un endroit jugé plus sûr".

Le Brésil a en tous cas mobilisé des forces de 80.000 hommes pour garantir la sécurité pendant les Jeux.

"Grosse déception pour les enfants"

Le Brugeois Luc Knockaert soutient depuis 1991 le projet Amar au Brésil, qui devait recevoir la visite des souverains belges. Il trouve très dommage qu’elle ait été annulée.

"Quelque 150 enfants avaient préparé une comédie musicale pour Philippe et Mathilde. Ce sont eux qui seront les plus déçus, tout comme les organisateurs du projet. Je suppose qu’une délégation d’enfants se rendra au musée pour remettre une lettre aux souverains, leur demandant de continuer à soutenir le Brésil", expliquait Luc Knockaert ce vendredi matin à Radio 2 Flandre occidentale (VRT).

Knockaert comprend un peu la décision des autorités brésiliennes. "Ce n’est pas un quartier où l’on peut entrer simplement en tant qu’individu. Les bandes criminelles y font la loi. Ce n’est donc pas un quartier sûr, mais avec une bonne préparation, la visite aurait pu être un succès. Des ministres belges y sont déjà venus en visite par le passé. Les temps ont évidemment changé, avec la menace terroriste. On n’a pas voulu prendre de risque".