Les policiers rassurés sur la perspective d'être mieux armés

A l’issue de la deuxième réunion de concertation, mercredi matin, les syndicats policiers ont obtenu du ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), des promesses concernant l'armement et la sécurité des agents. La menace de grève est levée. Le niveau de menace pour la police est cependant maintenu à 2+, alors qu'il se situe à 3 pour l’ensemble de la Belgique. Les syndicats demandaient une protection accrue, à la suite de l’attaque à la machette de deux policières à Charleroi. Le syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS) avait menacé d’actions de grève si la nouvelle réunion avec Jan Jambon, ce mercredi, ne menait à rien.

A la suite de l’attaque à la machette de deux policières par un Algérien en séjour illégal, samedi au bureau de police de Charleroi, les syndicats ont demandé que le niveau de menace les concernant soit relevé, pour que le personnel puisse bénéficier d’une sécurité renforcée. Ce niveau a été rehaussé dimanche, passant de 2 à 2+.

Mais pour les policiers, et même le bourgmestre de Charleroi Paul Magnette (PS), ce n’est pas suffisant. Pour comparaison, l’ensemble du pays est actuellement placé sous un niveau de menace 3.

Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (photo), la hiérarchie policière et des représentants de l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (Ocam) se réunissaient mardi après-midi. Etant donné qu’il n’existe actuellement pas d’indices concrets de danger d’attaque envers des policiers, l’Ocam a estimé qu’il n’était pas nécessaire de rehausser le niveau de menace concernant la police.

Des mesures de sécurité supplémentaires ont cependant été prises pour des bureaux locaux de police. Dans certaines villes comme Gand (Flandre orientale) et autour de Bruges (Flandre occidentale), des bureaux ont été fermés à la population. Les polices locales demandent que toutes ces mesures soient davantage coordonnées et uniformisées.

Le SNPS menaçait d’actions de protestation

Le ministre de l’Intérieur Jambon devait recevoir à nouveau les syndicats de la police ce mercredi matin. Ces derniers réclament des mesures de sécurité supplémentaires. Le syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS) menaçait d’actions de protestation si la nouvelle réunion avec le ministre de tutelle ne menait pas à des mesures accrues. C’est ce qu’annonçait le délégué Rudi Moerman ce mercredi, dans l’émission "De Ochtend" de la VRT.

"Nous demandons des lignes directrices minimales pour l’ensemble du pays. A Bruxelles, des agents sont encore envoyés en mission sans arme à feu. C’est irresponsable. A la Rue de la Loi (notamment devant la résidence officielle du Premier ministre, ndlr.) des mesures de sécurité drastiques sont prises, mais la police reste au niveau 2. Le personnel se sent abandonné".

La SNPS n’attendait pas grand-chose de la nouvelle réunion avec le ministre de l’Intérieur. "Nous craignons que cela soit dû au manque drastique de personnel. Un manque qui dure depuis des années", précisait Moerman. Il annonçait des actions de protestation si aucune mesure supplémentaire de sécurité n’était prise pour la police.

"Nous allons bien y réfléchir et nous concerter à l’intérieur de chaque zone de police. Nous allons aussi faire comprendre à chaque responsable que s’il ne prend qu’un certain nombre de mesures limitées et qu’un incident se produit par la suite, il en sera tenu personnellement responsable". Moerman précisait que son syndicat va tenter de limiter l’ampleur des actions de grève.

D’autres syndicats de police estimaient qu’il est encore trop tôt pour envisager de telles actions.

Les syndicats ont obtenu des assurances sur l'armement

Lors de la seconde réunion, ce mercredi matin, les syndicats policiers ont obtenu du cabinet du ministre de l'Intérieur Jan Jambon des promesses concernant l'armement des policiers, a indiqué Eddy Quaino, permanent Police à la CGSP Admi. Le financement des mesures reste cependant flou.

Les syndicats ont obtenu des assurances concernant des mesures d'armement: il serait question de permettre aux policiers d'être armés en toutes circonstances. Le ministre de l'Intérieur devrait bientôt prendre un arrêté royal en ce sens.

Le dossier de l'armement des agents de police va aussi être accéléré, a promis le cabinet. Il manque actuellement un avis du Conseil d'Etat pour débloquer la situation et permettre aux agents de police de porter, outre une matraque et un spray au poivre, un pistolet.

Il serait aussi question de permettre aux policiers de porter des armes plus modernes et plus lourdes (photo archives). Une concertation syndicale aura lieu à propos des normes en matière de munitions.

Un groupe de travail devra en outre se pencher sur des mesures de sécurité générales, pour toutes les zones de police. Elles inclueront la sécurité des bâtiments de police.

"Quand nous avons abordé les moyens à mettre en oeuvre pour financer les nouvelles mesures, nous n'avons pas eu de réponse du cabinet", déplore Eddy Quaino. Le risque est donc qu'aucun moyen supplémentaire ne soit dégagé, et que les zones de police doivent composer avec leurs moyens actuels, alors que "le financement n'a plus été revu depuis 2001".